Le ramassage des pommes de terre

Mon ami Gilbert H. m’a récemment dit que la municipalité de mon village allait vendre le camping municipal de La Varenne à la communauté de communes de Cayres-Pradelle. Vendre ou plutôt brader ? Je crains la réponse.
Car les élus ne savent pas vraiment la déchirure qu’avait provoquée l’expropriation de leurs terrains aux petits propriétaires du village. J’étais bien jeune mais me souviens de leur détresse, leur impuissance, leur abnégation et de leur rancune à l’égard de ceux qui les dépossédaient de force de ces terres fertiles. Moi, je n’ai pas oublié… D’ailleurs, je ne vais quasiment plus dans cet endroit, objet de la spoliation de gens que j’aimais. Ils avaient mis leur force de travail et leur cœur dans leurs sols de La Varenne.

Un deuil de plus à faire que cette vente du village de vacances de Pont d’Alleyras projetée ! Mais les gens qui ne sont pas nés et n’ont pas grandi sur ces terres s’en foutent; mes états d’âme leur sont totalement indifférents. Les seuls à compatir sont souvent quelques gens implantés, touristes, néo-ruraux, nouveaux.
Cette Varenne m’avait bien occupée avant cette saleté d’expropriation.
Mon oncle André et moi prenions le chemin qui y menait avec le char que tiraient Perle et Bretonne. Ce chemin partageait les terrains de droite plus proches de l’Allier de ceux de gauche où se trouvent Montfaucon et son château d’eau. Dans une partie du  champ de gauche, nous plantions des pommes de terre. Je m’en souviens bien. Ce travail a concouru à me forger une âme de paysanne, de future jardinière, inculquant à mon tour ce goût de la terre à ma famille. Quand tout fout le camp, reste la culture. Merci à André et Victorine de m’avoir enseigné  ce savoir précieux ! Voici un exemple de ces souvenirs…

Si octobre datait la rentrée de l’école, c’était aussi le temps de ramasser les patates.
A demi plié, mon oncle arrachait les tubercules en enfonçant dans la terre du champ de La Varenne sa fourche-bêche puis il les reposait sur cette glèbe. Je les triais alors par catégorie et faisais trois tas que je laissais sur le terrain fin qu’elle se ressuyassent : les grosses, les moyennes, les petites. Les premières étaient destinées à notre consommation, les secondes à la future semence et les troisièmes aux animaux, cochon et volaille que Victorine élevait. Elle les ferait cuire dans la chaudière à cet effet.
Nous ne devions pas les laisser longtemps à l’air libre car elles risqueraient de verdir sous la lumière,  les rayons du soleil concourant à les rendre impropres à la consommation en raison de la solanine, un glycol-alcaloïde toxique.
Le lendemain, elles avaient un peu séché à l’air, mon oncle attelait les deux vaches au char chargé de grands sacs de toile de jute que nous remplissions de la récolte. Arrivés à la maison, on s’empressait de les vider à la cave, dans le noir, où les pommes de terre se conserveraient jusqu’à l’année suivante.
Dans la famille, nous plantions des BF15 et des Bintje.
Aujourd’hui, mon mari plante des pommes de terre et en est même un adepte de leur culture. Yann et Alice en ont beaucoup récolté mais elles avaient été endommagées par les taupins. Il n’y en avait pas à La Varenne.

Septembre 2018

 

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Ma mère Jeanne Archer-Rousset n’est plus

Ma mère récemment à l’UHR (unité d’hospitalisation renforcée)

Jeanne est morte mercredi 26 septembre 2018 à 11H45 à l’UHR Les Patios du Velay de l’hôpital Émile Roux du Puy-en-Velay. Une tumeur envahissante au pancréas a eu raison d’elle.
Son inhumation a eu lieu lundi premier octobre 2018 au cimetière d’Alleyras où son cercueil a rejoint le caveau familial dans lequel reposent les derniers défunts des familles Archer, Rousset et Couprie. Ce sont par ordre décroissant : Victorine Archer, André Archer, Albert Rousset, Jean Couprie, Simonne Couprie, Jeanne Roussset.
Jean Fayard, officiant laïc, présidait la cérémonie en l’église et au cimetière. J’en ai apprécié la simplicité.
Lui, serge et moi avions préparé ensemble ce moment.

Grand merci à tous ceux qui sont venus accompagner ma mère dans cet ultime au revoir.
Voici les textes qui ont été lus à cette occasion.

1. Texte de Viviane dit par Clovis :
Jeanne Archer naquit le 30 mars 1926 dans la maison familiale à Saint-Préjet-d’Allier, cette même maison où mourut son père Jean Pierre Archer neuf mois après sa naissance. Sa sœur Simonne avait alors un peu plus de trois ans.
Sa mère que beaucoup appelaient « La Victorine » devenue veuve bien jeune partit s’installer à Pont d’Alleyras avec ses deux petites et fit construire une maison où elles grandirent.
Elles fréquentèrent la classe laïque de Madame Viala. Puis, Jeanne suivit sa sœur pour aller en pension à Langogne. C’était alors la deuxième guerre mondiale et la cantine a eu raison d’un quelconque goût de Jeanne pour les pois chiche dont on a souvent entendu parler accompagné d’une mimique faciale déformée.
Mais elle fit des cours ménagers et surtout de couture qu’elle suivit là bas, un domaine où elle excellait ; elle le portait sur elle au quotidien, à qui n’ont pu échapper ses ensembles jupe / veste et ses tricots, et elle recevait son entourage autour de napperons au crochet et serviettes brodées. Elle fabriqua même quelques temps des mouches pour la pêche.
Elle partit habiter avec son mari Albert Rousset à la Grand-combe en 1973 pour y travailler.
Quand la Victorine mourut en juin 1976, année de sécheresse, Jeanne hérita de la maison de Bel’Air qu’elle fit restaurer et moderniser avec l’aide de son mari. Elle y passait les six mois de belle saison et regagnait le Gard les jours froids. Et quand Albert mourut le 30 décembre 1990, elle continua de venir seule à Bel’Air via le Cévenol
Très travailleuse et débrouillarde, elle cultivait son jardin et participait à la préparation des repas du four de la Planche où elle adorait aller. Elle faisait partie du club du 3ème âge d’Alleyras. Elle a fréquenté le Couvige d’Alleyras où elle se sentait bien.
Les années d’une vie passèrent jusqu’à mars 2017 où la maladie arriva.
Sa mémoire fut touchée, sa belle indépendance et son autonomie aussi, son énergie en prit un coup. Elle rejoignit définitivement Bel’Air et continua son chemin non sans quelques aides pour surmonter les embuches dont celle de Corinne Basset au quotidien.
Malheureusement, une mauvaise grippe la toucha en avril 2018 ; ses capacités cognitives jusque là maintenues se dégradèrent encore ; elle entra à l’hôpital. Une tumeur du pancréas foudroyante écourta son séjour. Elle a fini sa vie à l’UHR de l’hôpital Émile Roux entourée et bien soignée.

2. Texte écrit et lu par Alice :
M’oiselle Jeanne qu’on se souvient dessinée par ses mollets fins de jardinière.
Madame Jeanne dynamique et oxygénée du Bel Air au Pont, qui savait aussi faire ses vêtements, et les nôtres, ça c’est son dernier gilet pour moi.
Mamie Jeanne selon Félix et pour Clovis et moi, également cuisinière de la pintade pommes de terre haricots verts et de la sauce huile moutarde vinaigre au fond du saladier avant d’y mettre la salade Sucrine, et de l’île flottante au caramel, et de la confiture de framboise un peu trop cuite, et des fraises au sucre…
Mamie gâteau et son escorte canine de Juño, If ou Lou, gâtées en douce sous la table pendant le café de spéculos et langues de chat.
Elle est partie avec la cane du chanteur qui dit que c’est à cause d’avoir fait un rhume mauvais : les derniers jours, nous l’avons entendue se demander qui avait bien pu lui refiler toute cette fatigue qu’on ne lui connaissait pas beaucoup…
Ce ne sont pas ses problèmes de fer qui l’emperchaient d’avoir une santé de fer… l’héritage d’une costaude, on ne peut pas rêver  mieux de ses ascendants. 92 ans, ça en fait encore du chemin pour l’égaler… bon repos à toi après cette belle performance.

3. Passages recherchés par Serge et lus par lui : la mort dans la Bible
Jeanne a passé l’Archeron et ce moment est pour nombre de survivants une occasion d’interrogation sur la mort.
Nous devisions là-dessus avec Jean notre officiant pour dire que nul n’en n’était revenu pour raconter ce qu’il s’y passait dans ce royaume d’après la vie. Et pour convenir que beaucoup de gens pouvaient, en conséquence, ne pas avoir une idée bien étayée là-dessus n’ayant en fait que très peu d’éléments à disposition.
Néanmoins, constatons qu’il existe un écrit qui en parle de manière sans ambages, simple, et d’une précision qui ne laisse place à aucun doute comme si l’auteur connaissait bien ces choses et voulait les transmettre en tant que vérité naturelle à savoir, pour nous humains, qui en suite des morts, sommes confrontés à la vie.

Voici la phrase qui y sonne en tant que révélation pour beaucoup :
« L’esprit de l’homme sort, l’homme retourne au sol; ce jour-là, ses pensées périssent ». C’est une citation des psaumes 146:3, 4.
Mentalement dans Psaume 115:17 cette précision : « Les morts ne louent pas Ya, ni aucun de ceux qui descendent dans le silence de la mort »
Plus explicite: Ecclésiaste 9:5, 10) « Les vivants savent qu’ils mourront ; mais les morts, eux, ne savent rien, …………….…/ … car il n’y a ni œuvre, ni plan, ni connaissance, ni sagesse dans le shéol, le lieu où tu vas » (Le mot hébreu « shéol » et le mot grec « hadès » désignent la tombe commune aux hommes.
Il est donc lumineux, que quand nous mourons, nous cessons d’exister. Après la mort, nous sommes incapables de penser, de faire ou de ressentir quoi que ce soit. Nous retournons à la poussière du sol. Genèse 3:19
La Bible compare souvent la mort au sommeil (Psaume 13:3 ; Jean 11:11-14 ; Actes 7:60).
Si quelqu’un revenait à la vie, il ne pourrait pas raconter ce qu’il a vécu puisqu’il était dans le « sommeil » mortel et qu’il n’était donc pas conscient.
Ainsi, Lazard, mort depuis 4 jours ne pouvait rien raconter de son expérience de la mort. Ainsi des 8 morts répertoriés en tant que ressuscités tel que nous les expose la Bible.
Lazard était un ami de Jésus. Quand il est mort, Jésus a dit à ses disciples : « Lazard notre ami s’est endormi. » Mais il ne voulait pas dire que Lazard dormait. Juste après, il a dit : « Lazare est mort » (Jean 11:11-14).
Quand Étienne a été tué, il s’est « endormi dans la mort » (Actes 7:60).
Paul aussi a écrit que certains chrétiens « se sont endormis dans la mort » (1 Corinthiens 15:6).
Dans le jardin d’Éden, son père a dit à Adam : « De tout arbre du jardin tu peux manger [...]. Mais quant à l’arbre de la connaissance du bon et du mauvais, tu ne dois pas en manger, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2:9, 16, 17).
« Vous ne devez pas en manger, [...] afin que vous ne mouriez pas» (Genèse 3:1-3)
Ceci sous entend que l’homme possédait dans son plan génétique de vivre éternellement.
La mort marque au fer sans aucune exception toute l’histoire du premier homme qui a voulu faire cavalier seul en se désolidarisant du Créateur.
La Bible promet qu’un jour « la mort ne sera plus » (Révélation 21:4).
Et Révélation 20:13 nous annonce : « La mer a rendu les morts qui s’y trouvaient, et la mort et l’hadès (la tombe) ont rendu les morts qui s’y trouvaient. »
« Comme dernier ennemi, la mort sera réduite à rien » (1 Corinthiens 15:26).
Si la mort n’existe plus, ce sera bien le signe de la réconciliation de l’humanité et de la reconnaissance du Père en tant que Créateur. Les conditions de vie telles que prévues dans le dessein d’origine étant rétablies la vie pourra ainsi continuer comme par le passé du tout début de l’existence de l’homme.

Octobre 2018

 

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Jacques Brel

Je vénère cet homme,  chanteur et chanteur sans égal. Sa personnalité est entière, multiple, faite de contradictions : irradiante sur scène, crépusculaire en famille.
Né bourgeois, il a terminé son existence aventurier, n’ayant eu de cesse de tourner le dos à sa destinée, à sa condition. La trajectoire de Jacques Brel, mort à 49 ans, fut tendue, raide, digne d’un roman. Cet artiste faisait peu de compromis avec le médiocre. Son œuvre, quarante ans après sa mort, est toujours aussi vivante et de nombreux chanteurs d’aujourd’hui se réclament de son héritage, citant «Ne me quitte pas», «Ces gens-là», ou encore «Amsterdam» dans les chansons qui les ont marqués.
France 3 retrace ici son histoire : https://www.france.tv/documentaires/art-culture/702301-jacques-brel-fou-de-vivre.html

Septembre 2018

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Les fenaisons

En ce mois de juillet qui marquait le début des vacances scolaires, la famille de La Victorine s’activait aux travaux de fenaison; c’était un sacré travail qui mobilisait tous les bras, du plus âgé au plus jeune en état de donner un coup de main, petit ou grand. Ces fenaisons n’étaient souvent pas complètement achevées fin juillet. Aussi le lendemain, vers neuf-dix heures, mon oncle André, ma grand-mère, ma mère et moi, Pied-Blanc sur les talons, accompagnés de thermos de boissons fraîches à base d’Antésite* pour nous  et munis d’un casse-croûte et d’une bouteille de vin pour le faucheur  allions rejoindre mon père Albert qui fauchait l’herbe dans le pré du Pasturau.
Levé depuis l’aube, car la rosée facilitait sa tâche, il avait besoin de reprendre des forces. Au détour d’un virage du chemin qui montait vers lui, nous l’aperçûmes, plié en deux, fauchant l’herbe d’un geste lent et régulier, laissant derrière lui des andins** bien alignés. Je distinguai sa large ceinture de flanelle qui lui ceignait la taille et une bonne partie des reins.
A notre vue, il s’arrêta et épongea la sueur qui ruisselait sur son visage et son cou à l’aide d’un mouchoir à gros carreaux blancs et bleus. Puis il alla s’assoir à l’ombre d’un arbre et dégusta de bon appétit pain, saucisson, lard et fromage dont beaucoup faits maison.
« Tiens Pied-Blanc, c’est pour toi« , dit mon père en jetant les peaux de saucisson, la couenne du lard et un croûton de pain au chien qui le remercia d’un bon regard. Puis il ajouta d’un air satisfait :
« Je pense que je finirai ce pré aujourd’hui; le temps a l’air beau, demain je faucherai le dernier, celui de Pradaou. »
De temps en temps, il buvait à même la bouteille le vin, remise aussitôt au frais dans le torchon humide.
Les dernières miettes avalées et l’ultime rasade engloutie, il affuta sa faux avant de reprendre sa tâche. Il sortit sa pierre à aiguiser du coudrier*** en bois rempli d’eau qu’il portait, accroché à la ceinture. Toute la campagne résonna alors de ce son cristallin.
Ensuite, il se remit à son travail jusqu’à l’heure du repas qu’il lirait sur le cadrant de sa montre.
Après le dîner, il prit le temps d’aller faire sa sieste dans le fenil de la grange où il ne serait pas dérangé.
Pendant que mon père se restaurait, nous, notre râteau sur l’épaule, nous rendîmes dans la partie du pré fauché de la veille.Nous devions tourner le foin afin qu’il soit bien sec avant de le rentrer à la grange.
Cette dernière opération ne devait pas attendre plus d’un jour ou deux en espérant que la pluie ne viendrait pas perturber nos projets.
Engranger cette récolte était une autre paire de manches.
En principe, mon oncle André prenait la direction de la petite troupe  féminine dont je faisais partie. Chacune avait un rôle déterminé : Victorine et Jeanne devait ramasser le foin en tas avec leurs râteaux, moi je devais me placer devant les vaches pour chasser les mouches et les taons qui les perturbaient et pour les empêcher de bouger, mon oncle menait l’attelage ou chargeait le char en prenant des fourchées dans les tas. Je chassais les insectes en balayant le cuir des vaches grâce à une branche de frêne.
Mon oncle me demandait régulièrement d’interrompre cette activé pour aller « faire le char », activité ponctuelle qui consistait à monter sur le foin accumulé dans le char puis à le piétiner pour que mon poids le tasse. Puis, je retournai à mon occupation précédente.
Heureusement que nous n’étions pas allergiques au pollen des plantes ! Par contre, les résidus d’herbe séchée me piquaient bras et jambes que la sueur collait sur ma peau.
Je trouvais ce travail pesant d’autant que je savais les jeunes enfants de mon âge venus en vacances de la ville chez leurs grands-parents occupés à la baignade à La Varenne ou jouant avec les copains.
Bref, je vivais un peu les fenaisons comme une punition et un fardeau !

 

*Antésite : concentré à base de réglisse, créé en 1898 par Noël Perrot-Berton, apothicaire à Voiron, qui entendait ainsi lutter contre l’alcoolisme chez les cheminots et sur les chantiers. Dilué dans de l’eau, à raison de 10 gouttes pour un verre, il donne une boisson désaltérante. Sans sucre ni édulcorant, Antésite existe en plusieurs parfums.
**Andin : raie d’herbe coupée.
***Coudrier : étui de bois contenant la pierre à aiguiser.

Août 2018

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Gilbert B. d’Aussac

Gilbert est venu avec Hélène passer une semaine au camping municipal de Pont d’Alleyras fin juillet début août 2018. Un retour dans son pays, dans son enfance et sa jeunesse auxquels il reste fidèle par son attachement tripal.
Un soir, à la fraîche, Estelle qui gère et anime le camping, lui a proposé de lire quelques uns de ses textes aux campeurs qui le souhaitaient.
C’est ainsi qu’un groupe a fait cercle devant lui pour l’écouter durant environ deux heures. Gilbert a captivé ce public improvisé auquel il a raconté son pays. Et comme il m’en avait informée, j’ai assisté  cette récréation improvisée.
Nous avons mangé au domaine du Sauvage à Chanaleilles qu’Hélène et Gilbert m’ont fait découvrir.
Nous avons visité les alentours avec eux.
Merci à ce couple généreux et empathique.

Août 2018

 

Un de ses textes :
« Papa, tes champs de labour
Que tu entretenais avec amour,
La nature entière te les chantait.
Las de travail mais heureux tu te taisais.
Hier encore j’étais dans ton pré,
Pensant au moindre instant de ton passé
Dans l’herbe, parcours de mon errance,
Abasourdi de ton absence.

Ton caractère et ta main ont façonné
Ton si beau pays que tu as tant aimé
Papa, j’ai presque ton âge, je me sens fatigué
De ta mort je ne serai jamais libéré.

Gilbert prépare une troisième publication à paraître en 2019 qui est actuellement en train d’être informatisée. Une affaire à suivre !

 

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La face cachée du bio low-cost


France 5 montrait ce documentaire https://duckduckgo.com/?q=la+face+cach%C3%A9e+du+bio&t=ffab&iax=videos&ia=videos&iai=ViqTvoa-jDg

Juin 2018

 

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La pluie


12 juin 2018 : il pleut depuis si longtemps, un mois au moins, que l’humidité m’englue, me colle au dos et aux reins. Durant les accalmies, il faut jardiner le plus possible si on veut récolter. Beaucoup de graines ont disparu, vraisemblablement pourries dans la terre…
Le sol est gorgé, il s’enfonce sous la botte, il tasse, l’empreinte reste, petite flaque de boue. C’est la gadoue, la gadoue, la gadoue… Limaces et escargots se goinfrent : salades dont ils découpent les feuilles tendres, me laissant les nervures plus dures, les fraises qu’ils trouent… Les salauds !
A quand le mildiou ?
Trop, c’est trop !
Petit billet d’humour du jour.

Francis Ponge a écrit « La pluie » :

La pluie, dans la cour où je la regarde tomber, descend à des allures très diverses. Au centre c’est un fin rideau (ou réseau) discontinu, une chute implacable mais relativement lente de gouttes probablement assez légères, une précipitation sempiternelle sans vigueur, une fraction intense du météore pur. A peu de distance des murs de droite et de gauche tombent avec plus de bruit des gouttes plus lourdes, individuées. Ici elles semblent de la grosseur d’un grain de blé, là d’un pois, ailleurs presque d’une bille. Sur des tringles, sur les accoudoirs de la fenêtre la pluie court horizontalement tandis que sur la face inférieure des mêmes obstacles elle se suspend en berlingots convexes. Selon la surface entière d’un petit toit de zinc que le regard surplombe elle ruisselle en nappe très mince, moirée à cause de courants très variés par les imperceptibles ondulations et bosses de la couverture. De la gouttière attenante où elle coule avec la contention d’un ruisseau creux sans grande pente, elle choit tout à coup en un filet parfaitement vertical, assez grossièrement tressé, jusqu’au sol où elle se brise et rejaillit en aiguillettes brillantes.

Chacune de ses formes a une allure particulière : il y répond un bruit particulier. Le tout vit avec intensité comme un mécanisme compliqué, aussi précis que hasardeux, comme une horlogerie dont le ressort est la pesanteur d’une masse donnée de vapeur en précipitation.

La sonnerie au sol des filets verticaux, le glou-glou des gouttières, les minuscules coups de gong se multiplient et résonnent à la fois en un concert sans monotonie, non sans délicatesse.

Lorsque le ressort s’est détendu, certains rouages quelque temps continuent à fonctionner, de plus en plus ralentis, puis toute la machinerie s’arrête. Alors si le soleil reparaît tout s’efface bientôt, le brillant appareil s’évapore : il a plu.

juin 2018

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Julos Beaucarne


J’habitais autrefois en Belgique. J’avais vingt ans. J’y suis restée plusieurs années. Mon mari de l’époque voulant revenir en France, je l’ai suivi mais ce départ fut pour moi un véritable déchirement. J’ai tellement été mélancolique de ce pays et j’ai tant aimé ce séjour belge et l’ambiance rencontrée que je m’étais dit que plus jamais je ne pourrai éprouver autant de nostalgie que celle que j’avais ressentie en le quittant.
https://www.youtube.com/watch?v=ppK3tcAMxs0
J’ai vécu dans plusieurs quartiers de Bruxelles : Auderghem , Ixelles, Uccle. Puis je suis partie à 38 kilomètres pour Ottignies, ville située en région wallonne dans la province du Brabant wallon. J’y fus heureuse.
J’habitais une maison rue Basse qui fut expropriée pour la construction de la ville universitaire de Louvain-la-Neuve.
https://www.youtube.com/watch?v=ppK3tcAMxs0&list=PLEaukB6oZ2a88PaUS9tpu4uz0mStAOhww
C’est quand j’habitais là que j’ai connu le chanteur belge Julos Baucarne. J’écoutais en boucle ses albums.
https://www.youtube.com/watch?v=rgooSaGW0-U

 

Mai 2018

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Lettre de mon cher jardinier

Non seulement il est un jardinier botaniste et un puits de science sur ce qui concerne le jardin, il écrit en plus divinement bien. Quelle chance j’ai eu de l’avoir rencontré ! Ecoutons-le.

« Je profite que les petits enfants soient couchés (Valentin et Violette)
pour mettre à exécution mon projet de vous écrire qui remonte à pas mal de temps déjà, mais les péripéties de toutes sortes se ont multipliées au point
de me rendre mou, apathique et, il faut bien l’avouer, quelque peu
dépressif. Peut-être aussi un besoin de décompresser. Quand on a envie
de tout faire, et qu’on ne lâche pas un peu de lest, certains mécanismes
internes se chargent de vous rappeler à l’ordre.
Un ménisque m’a donc bien ralenti, jusqu’à il y a un mois environ;  j’avais continué à le solliciter à coups d’arrosoirs et de pioche sans compter les murs de pierres sèches….. Il n’a pas aimé… je l’ai trouvé chagrin… le
désamour s’est installé…. jusqu’à la réconciliation chez le kiné.
Le jardin n’a guère souffert, moi si ! Les gunnéras* sont bien installées,
curcuma, gingembre (non psychanalysés) et patchouli s’épanouissent avec la douceur et quelques arrosages naturels, dont mon ménisque se réjouit. J’aurais une bouture de patchouli pour vous…. ça fait un peu
baba recuit ces parfums de jeunesse éventée, mais tout de même c’est agréable et se bouture abondamment.
Je vais vous écrire un peu longuement et prévois de vous envoyer de nombreuses pièces jointes, je m’interromps ce soir et reprendrai quand les enfants me le permettront.

Un moment de répit, je continue. Les petits enfants ont vaillamment
supporté une année difficile, la maman terminant sa mission dans le
grand sud marocain, le papa travaillant à Perpignan, les séparations,
l’éloignement, les imprévus, les voyages entre Catalogne, Maroc,
Bretagne, Velay, la neige à Noël, puis la baignade à Collioure, le vent
et le surf à Dakhla au pays du roi de la tomate qui est aussi le roi du
Maroc !
Je me suis remis à la sculpture, à la mosaïque, et autres velléités
artistiques, sans terminer grand chose, mais ça fait quand même du bien.
Je compte bien arriver à terminer ce que j’ai entrepris, mais comme je
suis parti dans tout les sens, ça va me demander du temps.
Bien entendu, bien obligé de restreindre un peu mon train de vie,
j’avais la folie des grandeurs, j’ai compris avec ma retraite de
jardinier en chef que je devrais me priver dorénavant de boutons de
manchettes!
A propos de jardins, je suis allé, huit jours de vacances improvisés en
Creuse, une nouvelle fois au pays de Gilles Clément**, à Crozant en
visiter quelques uns… le pays de cocagne des jardins, l’immersion
délicieuse dans des havres artistiques et délicats, sans recherche de
grands effets, malgré un énorme travail presque invisible, tant au frôle
la perfection….. le naturel, le travail disparaît, on respire par tous
les sens sans plus aucun souci. Et on découvre énormément!

Des nouvelles de mon neveu qui m’attristent beaucoup. Certains sont nés
sous une étoile maléfique…. Opéré en décembre d’un cancer du rein très
avancé, des métastases se sont déclarées sur les os, je passe les
détails…. C’est dur et difficile, douloureux pour lui. Il est
maintenant soigné par immunothérapie et habite chez ces parents car il
était à Alès dans un appartement insalubre loué par « marchand de
sommeil ». Situation douloureuse et rendue encore plus douloureuse par
une vielle histoire d’héritage pénible où mon frère révèle une fois de
plus en ce moment délicat une âme de rapiat tyrannique qui me démonte
littéralement. Cette mentalité est affreuse et bien loin de tout ce que
j’apprécie dans la vie. J’avoue que cela m’abat…. je pensais qu’avec le
temps et la sérénité de l’âge… Mais non…. mon grand frère me jalouse
toujours comme quand je suis venu au monde… avec six ans de retard
…. je n’avais pourtant rien demandé ! Et j’ai persévéré. Méchant et stupide!

Parlons de votre livre, bien plus intéressant….. Un bel objectif
atteint, et pour moi une lecture émouvante en perspective. Bien sûr
j’irai le chercher, merci de me le garder bien au chaud,et bien
entendu, je vous réclamerai une dédicace. J’attends juste un peu que
mes petits enfants soient repartis et je viendrai vous voir, nous
pourrons discuter un peu, la dernière fois, c’était n peu court avec
cette distribution de tomates.

Et comment va votre  santé?
J’ai aussi visité Nohant, le domaine de Georges Sand et son parc, dans
le Berry tout proche, une sorte de pèlerinage… il faut l’avoir
vu…avoir reniflé cette ambiance où tant de choses ont mûri…. Le
beau parc, un peu restauré par Gilles Clément possède de très beaux
arbres, un gingko et un sophora du Japon magnifiques…. et partout de petits commentaires et citations de notre amie Georges: je les ai photographiés pour vous, les voici toutes, je pense qu’elles vous parleront…. elles m’ont fait penser à vous…. Sans rire, Viviane, vous
avez quelque chose de George Sand.
Je vous embrasse,

Serge »

PS: je commence par une photo de « Victorine »

 

 

 

 

*gunnera : le gunnera que l’on appelle aussi gunnère ou rhubarbe géante est une plante au feuillage intéressant, presque incontournable en bord d’eau.
**Gilles Clément : depuis plus de quarante ans, Gilles Clément pense le paysage. Il aime avoir les mains dans la terre et travailler avec le vivant. Dans la Creuse, où il vit, à Versailles, où il enseigne, et partout ailleurs, puisque la planète est un jardin. Il porte la vision d’un monde où l’homme vivrait avec la nature et non pas contre.

Septembre 2017

 

 

 

 

 

Septembre 2017

« Rendez-vous au jardin » se place , pour cette saison 217, sous la jolie thématique du partage. Si quelqu’un partagea son jardin de mille manières, c’est bien George Sand ! Ses écrits sont nombreux à en faire l’écho. Certains d’entre eux, choisis parmi les plus évocateurs, sont parsemés à travers le jardin : leur lecture accompagnera votre promenade

Ce parc, dont l’architecture reste inchangée, George Sand hérita de sa grand-mère maternelle auprès de laquelle elle a grandi.

Elle y vécut des moments inoubliables durant son enfance, consignés dans Histoire de ma vie, magnifique récit autobiographique.

Ces moments ont marqué son histoire à jamais car elle les partagea un court laps de temps son père, disparu brutalement, bien trop tôt. C’est aussi avec sa mère que la petite Aurore vécut ces instants ; une maman magicienne qui, au sein de ce jardin, à défaut de ne pas avoir été assez présente auprès de sa fille, nourrit sans le savoir son imaginaire.

Quelle aubaine pour une future grande romancière !

Le petit bois et le potager furent le théâtre de toutes les bêtises possibles fomentées avec Hippolyte, demi-frère polisson, et Ursule, fillette d’origine modeste dont George Sand conserva précieusement l’amitié toute sa vie.

Les allées et les prairies du jardin ont retenti de leurs rires et furent de formidables terrains de jeux, jeux auxquels nos enfants ne jouent plus.

Amoureuse des plantes, savante en la matière, George Sand fut particulièrement soucieuse d’inscrire son jardin d’agrément dans la modernité d’un siècle qui fit la part belle à l’horticulture. Cette passion pour les belles fleurs, les plus rares ou les plus exotiques, les plus modestes aussi parfois fut partagée avec des amis amateurs : échanges de graines, de plants, d’ouvrages ou de conseils se firent au gré des liens affectifs noués une vie durant.

Le parc de Nohant s’enrichit ainsi des plantes aimées par les autres et participa à l’embellissement de bien des jardins.

Cet amour des fleurs fut aussi l’un des rares traits d’union qui lia George Sand à sa fille Solange.

George Sand était férue de sciences naturelles, initiée par l’amie Néraud.

Toute sa vie elle botanisa avec passion, tant l’étude scientifique du végétal lui procurait de réjouissances intellectuelles et alimentait ses questionnements sur le sens de la vie.

George Sand transmit très tôt ce virus à son fils Maurice, entomologiste chevronné, puis à Alexandre Manceau, l’homme qui, à partir de 1850, partagea sa vie durant 15 ans à Nohant et ailleurs.

Le jardin fut pour eux un terrain privilégié d’observations et d’interrogations naturalistes, un lieu d’émulations intellectuelles qu’on devine enflammées !

Partager cet espace c’était aussi simplement y passer du temps avec ceux que George Sand aimait, ceux qu’elle avait choisis. Avec Nini, petite-fille adorée, partie si tôt, pour laquelle elle s’éreinta à aménager un jardin merveilleux que l’on devine encore dans le petit bois. Avec François Rollinat, l’ami parfait, le confident idéal ; arpentant ensemble les allées du jardin durant des heures, ils se confièrent leurs états d’âme sous l’ombrage des arbres qui n’ont pas d’oreilles et qui savent garantir les secrets…

Enfin, sur ses dernières années, George Sand partagea ce jardin avec ses petites-filles, Lolo et Titite, s’émerveillant chaque jour de les voir y pousser et y fleurir, comme elle l’écrit elle-même si joliment…

De l’enfance à la vieillesse, George Sand a partagé ce jardin avec tous ceux qui étaient chers, mais n’est-ce pas la raison d’être des jardins ?…

 

George Sand à Charles Veyret*, à Nohant le 26 mai 1846.

 

Correspondance de George Sand par G ; Lubin, lettre n° 3415.

 

« Vous m’avez promis des greffes de roses.

J’en ai déjà pas mal de très belles, mais vous devez avoir mieux.

Ce que j’ai de plus beau, c’est une rose, rose vif, énorme, vigoureuse, en feuillage, qu’on appelle je ne sais comment ; une rouge sur laquelle j’ai compté 310 pétales l’année dernière ; une thé safranée ; une autre thé blanche à cœur vert jaunâtre ; et enfin une thé couleur de chair rosée.

Si vous avez autre chose, faites m’en part.

Je profite que les petits enfant soient couchés( Valentin et Violette)

pour a exécution mon projet de vous écrire qui remonte a pas mal de temps
déjà, mais les péripéties de toutes sortes se ont multipliées au point
de me rendre mou, apathique et , il faut bien l’avouer, quelque peu
dépressif. Peut-être aussi un besoin de décompresser. Quand on a envie
de tout faire, et qu’on ne lâche pas un peu de lest, certains mécanismes
internes se chargent de vous rappeler a l’ordre. Un ménisque m’a donc
bien ralenti, jusqu’à il y a un mois environ; j’avais continuer a le
solliciter a coup d’arrosoirs et de pioche sans compter les murs de
pierres sèches…..Il n’a pas aimé…je l’ai trouvé chagrin…le
désamour s’est installé….jusqu’à la réconciliation chez le kiné. Le
jardin n’a guère souffert, moi si! Les Gunéras sont bien installées,
curcuma, gingembre ( non psychanalysés) et patchoulis s’épanouissent
avec la douceur et quelques arrosages naturels, dont mon ménisque se
réjouit. J’aurais une bouture de patchoulis pour vous….ça fait un peu
baba recuit ces parfums de jeunesse éventée, mais tout de même c’est
agréable et se bouture abondamment. Je vais vous écrire un peu
longuement et prévoit de vous envoyer de nombreuses pièces jointes, je
m’interromps ce soir et reprendrais quand les enfants me le permettront.

Un moment de répit, je continue. Les petits enfants ont vaillamment
supporté une année difficile, la maman terminant sa mission dans le
grand sud marocain, le papa travaillant à Perpignan, les séparations,
l’éloignement, les imprévus, les voyages entre Catalogne, Maroc,
Bretagne, Velay, la neige a Noël, puis la baignade à Collioures, le vent
et le surf à Dakhla au pays du roi de la tomate qui est aussi le roi du
Maroc!

Je me suis remis a la sculpture, a la mosaïque, et autres velléités
artistiques, sans terminer grand chose, mais ça fait quand même du bien.
Je compte bien arriver a terminer ce que j’ai entrepris, mais comme je
suis parti dans tout les sens ça va me demander du temps.

Bien entendu, bien obligé de restreindre un peu mon train de vie,
j’avais la folie des grandeurs, j’ai compris avec ma retraite de
jardinier en chef que je devrais me priver dorénavant de boutons de
manchettes!

A propos de jardins, je suis aller, huit jours de vacances improvisés en
Creuse, une nouvelle fois au pays de Gilles Clément, à Crozant en
visiter quelques uns…le pays de cocagne des jardins, l’immersion
délicieuse dans des havres artistiques et délicats, sans recherche de
grands effets, malgré un énorme travail presque invisible, tant au frôle
la perfection…..le naturel, le travail disparaît, on respire par tous
les sens sans plus aucun souci. Et on découvre énormément!

Des nouvelles de mon neveu qui m’attristent beaucoup. Certains sont nés
sous une étoile maléfique….opéré en décembre d’un cancer du rein très
avancé, des métastases se sont déclarées sur les os, je passe les
détails….C’est dur et difficile, douloureux pour lui. Il est
maintenant soigné par immunothérapie et habite chez ces parents car il
était à Alès dans un appartement insalubre loué par « marchand de
sommeil ». Situation douloureuse et rendue encore plus douloureuse par
une vielle histoire d’héritage pénible où mon frère révèle une fois de
plus en ce moment délicat une âme de rapiat tyrannique qui me démonte
littéralement. Cette mentalité est affreuse et bien loin de tout ce que
j’apprécie dans la vie. J’avoue que cela m’abat….je pensais qu’avec le
temps et la sérénité de l’âge…mais non….mon grand frère me jalouse
toujours comme quand je suis venu au monde…avec six ans de retard
….je n’avais pourtant rien demandé! Et j’ai persévéré. Méchant et stupide!

Parlons de votre livre, bien plus intéressant…..Un bel objectif
atteint, et pour moi une lecture émouvante en perspective. Bien sûr
j’irais le chercher, merci de me le garder bien au chaud,et bien
entendu, je vous réclamerais une dédicace. J’attends juste un peu que
mes petits enfants soient repartis et je viendrais vous voir, nous
pourrons discuter un peu, la dernière fois, c’était n peu court avec
cette distribution de tomates.

Et comment va votre  santé?

J’ai aussi visité Nohant, le domaine de Georges Sand et son parc, dans
le Berry tout proche, une sorte de pèlerinage…il faut l’avoir
vu…avoir reniflé cette ambiance où tant de choses ont mûries….Le
beau parc, un peu restauré par Gilles Clément possède de très beaux
arbres, un Gingko et un sophora du japon magnifiques….et partout de
petits commentaires et citations de notre amie Georges: je les ai
photographiées pour vous, les voici toutes, je pense qu’elles vous
parleront….elles m’ont fait penser a vous….Sans rire, Viviane vous
avez quelque chose de Georges

Je vous embrasse, Serge
PS: je commence par une photo de « Victorine »

Je  profite que les petits enfant soient couchés( Valentin et Violette) pou mettre à

exécution mon projet de vous écrire qui remonte à pas mal de temps
déjà, mais les péripéties de toutes sortes se ont multipliées au point
de me rendre mou, apathique et ,il faut bien l’avouer, quelque peu
dépressif. Peut-être aussi un besoin de décompresser. Quand on a envie
de tout faire, et qu’on ne lâche pas un peu de lest, certains mécanismes
internes se chargent de vous rappeler à l’ordre. Un ménisque m’a donc
bien ralenti, jusqu’à il y a un mois environ; j’avais continué à le
solliciter à coup d’arrosoirs et de pioche sans compter les murs de
pierres sèches….. Il n’a pas aimé…je l’ai trouvé chagrin… le
désamour s’est installé….jusqu’à la réconciliation chez le kiné. Le
jardin n’a guère souffert, moi si! Les Gunéras sont bien installées,
curcuma, gingembre (non psychanalysés) et patchoulis s’épanouissent
avec la douceur et quelques arrosages naturels, dont mon ménisque se
réjouit. J’aurais une bouture de patchoulis pour vous….ça fait un peu
baba recuit ces parfums de jeunesse éventée, mais tout de même c’est
agréable et se bouture abondamment. Je vais vous écrire un peu
longuement et prévoit de vous envoyer de nombreuses pièces jointes, je
m’interromps ce soir et reprendrai quand les enfants me le permettront.

Un moment de répit, je continue. Les petits enfants ont vaillamment
supporté une année difficile, la maman terminant sa mission dans le
grand sud marocain, le papa travaillant à Perpignan, les séparations,
l’éloignement, les imprévus, les voyages entre Catalogne, Maroc,
Bretagne, Velay, la neige à Noël, puis la baignade à Collioure, le vent
et le surf à Dakhla au pays du roi de la tomate qui est aussi le roi du
Maroc!

Je me suis remis à la sculpture, à la mosaïque, et autres velléités
artistiques, sans terminer grand chose, mais ça fait quand même du bien.
Je compte bien arriver à terminer ce que j’ai entrepris, mais comme je
suis parti dans tout les sens, ça va me demander du temps.

Bien entendu, bien obligé de restreindre un peu mon train de vie,
j’avais la folie des grandeurs, j’ai compris avec ma retraite de
jardinier en chef que je devrais me priver dorénavant de boutons de
manchettes!

A propos de jardins, je suis allé, huit jours de vacances improvisés en
Creuse, une nouvelle fois au pays de Gilles Clément, à Crozant en
visiter quelques uns… le pays de cocagne des jardins, l’immersion
délicieuse dans des havres artistiques et délicats, sans recherche de
grands effets, malgré un énorme travail presque invisible, tant au frôle
la perfection….. le naturel, le travail disparaît, on respire par tous
les sens sans plus aucun souci. Et on découvre énormément!

Des nouvelles de mon neveu qui m’attristent beaucoup. Certains sont nés
sous une étoile maléfique…. opéré en décembre d’un cancer du rein très
avancé, des métastases se sont déclarées sur les os, je passe les
détails…. C’est dur et difficile, douloureux pour lui. Il est
maintenant soigné par immunothérapie et habite chez ces parents car il
était à Alès dans un appartement insalubre loué par « marchand de
sommeil ». Situation douloureuse et rendue encore plus douloureuse par
une vielle histoire d’héritage pénible où mon frère révèle une fois de
plus en ce moment délicat une âme de rapiat tyrannique qui me démonte
littéralement. Cette mentalité est affreuse et bien loin de tout ce que
j’apprécie dans la vie. J’avoue que cela m’abat…. je pensais qu’avec le
temps et la sérénité de l’âge… mais non…. mon grand frère me jalouse
toujours comme quand je suis venu au monde… avec six ans de retard
…. je n’avais pourtant rien demandé ! Et j’ai persévéré. Méchant et stupide!

Parlons de votre livre, bien plus intéressant….. Un bel objectif
atteint, et pour moi une lecture émouvante en perspective. Bien sûr
j’irai le chercher, merci de me le garder bien au chaud, et bien
entendu, je vous réclamerai une dédicace. J’attends juste un peu que
mes petits enfants soient repartis et je viendrai vous voir, nous
pourrons discuter un peu, la dernière fois, c’était n peu court avec
cette distribution de tomates.

Et comment va votre  santé?

J’ai aussi visité Nohant, le domaine de Georges Sand et son parc, dans
le Berry tout proche, une sorte de pèlerinage… il faut l’avoir
vu… avoir reniflé cette ambiance où tant de choses ont mûri…. Le
beau parc, un peu restauré par Gilles Clément possède de très beaux
arbres, un Gingko et un sophora du japon magnifiques…. et partout de
petits commentaires et citations de notre amie Georges: je les ai
photographiés pour vous, les voici toutes, je pense qu’elles vous
parleront…. elles m’ont fait penser à vous…. Sans rire, Viviane vous
avez quelque chose de George.

Je vous embrasse, Serge

PS: je commence par une photo de « Victorine

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Femmes grand-combiennes


Au cours de mes séjours rue des Prés à La Grand-Combe, j’ai fait la connaissance de femmes accueillantes, généreuses et attachantes qui méritent bien que je leur consacre ici un peu de ma plume.
La première a longtemps été une voisine de ma mère, elle habite un appartement de l’étage inférieur. Elle s’appelle Ginette V. et a coquettement aménagé son logis. Elle vit entourée de neuf chats qu’elle cajole, nourrit, soigne et pour lesquels elle se soucie. Ginette est une dame de 91 ans qui vit seule et n’a plus dans sa famille que sa belle-fille sur laquelle compter. Le fils de Ginette est mort à l’âge de 57 ans, son mari en 2008.
Pourtant, cette dame, qui pourrait se morfondre et se lamenter sur ses deuils, est énergique, volontaire et va de l’avant. En plus, elle est pleine d’humour. Bref, elle me stupéfie par son dynamisme et je l’admire pour sa force vitale. Et ce, malgré ses problèmes d’arthrose qui la font souffrir et l’empêchent de se mouvoir comme elle le voudrait.
Elle a une grande terrasse meublée de fauteuils douillets pour accueillir ses chats. Que ne ferait-elle pour leur confort de vie ?
Elle se fait aider et accompagner de Michèle J., retraitée autrefois aide à domicile et aujourd’hui amie indispensable, encore plus dynamique que Ginette, pétulante, qui s’investit dans une foule de domaines du social; elle est d’ailleurs élue municipale de La Grand-Combe, ce qui n’est guère étonnant vue la quantité d’actions à son actif, toujours de bonne humeur et la plaisanterie aux lèvres, une belle et bonne nature. Comme elle s’y connait bien en papiers administratifs, elle apporte une aide précieuse à Ginette.
La troisième dame de la rue des Prés dont j’ai fait la connaissance là-bas est Jeannette G., 92 ans. Au cours de mes allées-venues à La Grand-Combe, elle a été opérée : on a dû lui couper une jambe, l’artérite étant devenue malheureusement trop douloureuse et importante. Je l’ai retrouvée à la maison de retraite Léo Larguier, assise au soleil dans son fauteuil roulant.
Je pense en outre à Claude de l’appartement dessous et à quelques autres rencontres dans cette ville, que des gens sympas que je salue chaleureusement.

Mai 2018

 

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