Louise

Patrick Duvar qui publie sur Facebook m’a fait connaitre une chanson de Gérard Berliner, un chanteur, auteur, compositeur, interprète et acteur français né et mort à Paris (5 janvier 1956-13 octobre 2010). Il est le demi-frère de Bruno Berliner, gangster français des années 1980, membre du célèbre gang des postiches.
La chanson déchirante Louise conte avec beaucoup de pudeur l’histoire d’une femme de chambre tombant amoureuse d’un ouvrier. Son fiancé devra aller mourir au champ d’horreur comme disait Jacques Brel, dans les tranchées de 14-18. Louise, elle, avortera de l’enfant qui n’aura jamais de père.
Mon oncle André fut soldat durant cette guerre. Comme la commune d’Alleyras célébrait récemment les cent ans de l’armistice, j’avais prêté des documents d’André pour l’exposition municipale. J’ai appris alors l’existence de la chanson en consultant le groupe Facebook Alleyras.

Paroles de Louise

Mais qui a soulagé sa peine
Porté son bois porté les seaux
Offert une écharpe de laine
Le jour de la foire aux chevaux

Et qui a pris soin de son âme
Et l’a bercée dedans son lit
Qui l’a traitée comme une femme
Au moins une fois dans sa vie

Le bois que portait Louise
C’est le Bon Dieu qui le portait
Le froid dont souffrait Louise
C’est le Bon Dieu qui le souffrait

C’n'était qu’un homme des équipes
Du chantier des chemins de fer
À l’heure laissée aux domestiques
Elle le rejoignait près des barrières

Me voudras-tu moi qui sais coudre
Signer mon nom et puis compter,
L’homme à sa taille sur la route
Passait son bras, la promenait

L’amour qui tenait Louise
C’est le Bon Dieu qui le tenait
Le regard bleu sur Louise
C’est le Bon Dieu qui l’éclairait

Ils sont partis vaille que vaille
Mourir quatre ans dans les tranchées.
Et l’on raconte leurs batailles
Dans le salon après le thé

Les lettres qu’attendait Louise
C’est le Bon Dieu qui les portait
La guerre qui séparait Louise
C’est le Bon Dieu qui la voyait

Un soir d’hiver sous la charpente
Dans son lit cage elle a tué
L’amour tout au fond de son ventre
Par une aiguille à tricoter

Si je vous garde Louise en place
C’est en cuisine pas devant moi
Ma fille prie très fort pour que s’efface
Ce que l’curé m’a appris là

Et la honte que cachait Louise
C’est le Bon Dieu qui l’a cachée
Le soldat qu’attendait Louise
C’est le Bon Dieu qui l’a vu tomber

Y a cinquante ans c’était en France
Dans un village de l’Allier
On n’accordait pas d’importance
A une servante sans fiancé

Le deuil qu’a porté Louise
C’est le Bon Dieu qui l’a porté
La vie qu’a travaillé Louise
C’est le Bon Dieu qui l’a aidée

https://duckduckgo.com/?q=richard+berliner+louise&t=ffnt&ia=videos&iax=videos&iai=55qf3GOOCmM

Décembre 2018

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Une veillée entre voisins

Vers les neuf heures du soir, nous nous rendîmes chez la tante Marie surnommée La Loustette pour y faire la veillée.
« Saca vous (entrez), venez vous mettre au chaud qu’il fait froid dehors » dit-elle en patois.
Après avoir secoué nos vêtements enneigés sur le seuil de la porte  et tapoté nos chaussures pour enlever les blocs de neige qui y adhéraient, nous entrâmes.
-  « Aquo faï de bien de trouba la chalour » (ça fait du bien de trouver la chaleur ! » déclara la Victorine.
Nous nous assîmes autour de la table recouverte d’une toile cirée. Les femmes posèrent leurs pieds sur leur chauffe-pieds qu’elles avaient pris le soin d’emmener avec elles et qui libéraient la chaleur de leurs braises. Sur le mur, plusieurs calendriers des P.T.T. superposés pendaient, accrochés  sur un clou, du plus ancien au dernier de l’année. On y voyait des petits chats sur la première page.
Dans la pièce, un fourneau à bois répandait sa douce chaleur. Une odeur d’oranges embaumait la pièce.
« Que fasiez Victorine ? (Que faites-vous Victorine ?) demanda une femme.
- « Un tricot per lou petiot de Simonne » (Un tricot pour le petit de Simonne.) répondit ma grand-mère, finissant juste d’enrouler une pelote à partir d’un écheveau de laine du pays achetée à Saugues que je lui tendais, bras écartés, en face d’elle.
La tante Marie et la tante Louise tenaient sur leurs genoux leurs carreaux et faisaient de la dentelle. J’étais émerveillée par la dextérité de leurs vieux doigts noueux qui faisaient valser les fuseaux sur la toile cirée de leurs métiers. Elles ne le regardaient pas toujours. Une fine dentelle s’allongeait autour le rouleau de toile hérissé d’aiguilles à tête multicolores fixant le fil de coton ou de lin.
- « Votre point d’esprit est bien réussi, Marie » apprécia ma mémé.
- « Oh, pour ce qu’on nous les paye, on se crève bien pour pas grand chose ! rétorqua Marie.
Sur le fourneau, une marmite de vin rouge sucré chauffait, qui infusait des écorces de peau d’orange. Dix heures sonnèrent au coucou de l’horloge quand Marie s’adressa aux convives :
« Allez, approchez-vous de la table, vous boirez bien un peu de vin chaud, ça nous tiendra réveillés, il n’est pas bien tard, on veillera un peu plus. »
Et la veillée repartit de plus belle, agrémentée d’histoires que ces voisins se racontaient, de leurs commentaires, de nouvelles du pays.
A onze heures, les invités plièrent bagages, se revêtirent chaudement, remercièrent leur hôtesse et retrouvèrent les flocons de neige qui blanchissaient les rues de Pont d’Alleyras.

Décembre 2018

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Les arcades du Cévenol à Vabres

Depuis la route qui mène de Pont d’Alleyras à Vabres, les promeneurs aperçoivent au-dessus de la voie ferrée une construction faite de deux rangs superposés d’arcades contre la paroi rocheuse. Elles me rappellent les arènes de Nîmes et sont photographiées ci-contre.
Elles furent construites suite à un éboulement entre 1828 et 1830 pour protéger la voie ferrée de cette ligne ferroviaire des chutes de pierres et éboulements futurs. Jean-Claude Avit rappelait récemment leur histoire.
En 1927 -ma mère avait un an -, les habitants du village de Vabres entendirent un grand bruit sourd et soudain qui paraissait provenir de la ligne de chemin de fer. L’institutrice et les écoliers sortirent vite de la classe et virent que des rochers s’étaient détachés de la montagne et avaient obstrué la voie ferrée. Devant la gravité de cette situation, l’institutrice réagit et demanda à un écolier d’aller aussitôt au village du Pont à deux kilomètres prévenir le chef de gare du péril. Elle savait qu’à cette heure-là, un train de marchandise venait de partir de la gare du Pont d’Alleyras pour prendre la direction de Chapeauroux.
L’écolier fila à toutes jambes et avertit le chef de gare de l’incident. Hélas, le train venait de de partir et se dirigeait vers l’éboulement.
Entre temps, l’institutrice et ses élèves, munis de mouchoirs et chiffons et poussant des cris, agitérent le tout pour attirer l’attention du mécanicien.
Mais celui-ci fut sourd et aveugle et le convoi heurta les rochers. Un nuage de poussière et de vapeur s’éleva, la locomotive et les premiers wagons avaient déraillé.
Cet accident coûta la vie au chef de train et au chauffeur de la locomotive et marqua le village.
Parmi ces écoliers, il y avait la mère de Jean-Claude Avit qui lui raconta cet événement.
Lui-même, conducteur de train,  emprunterait plus tard cette ligne et passerait devant ces arcades.

Novembre 2018

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Le ramassage des pommes de terre

Mon ami Gilbert H. m’a récemment dit que la municipalité de mon village allait vendre le camping municipal de La Varenne à la communauté de communes de Cayres-Pradelle. Vendre ou plutôt brader ? Je crains la réponse.
Car les élus ne savent pas vraiment la déchirure qu’avait provoquée l’expropriation de leurs terrains aux petits propriétaires du village. J’étais bien jeune mais me souviens de leur détresse, leur impuissance, leur abnégation et de leur rancune à l’égard de ceux qui les dépossédaient de force de ces terres fertiles. Moi, je n’ai pas oublié… D’ailleurs, je ne vais quasiment plus dans cet endroit, objet de la spoliation de gens que j’aimais. Ils avaient mis leur force de travail et leur cœur dans leurs sols de La Varenne.

Un deuil de plus à faire que cette vente du village de vacances de Pont d’Alleyras projetée ! Mais les gens qui ne sont pas nés et n’ont pas grandi sur ces terres s’en foutent; mes états d’âme leur sont totalement indifférents. Les seuls à compatir sont souvent quelques gens implantés, touristes, néo-ruraux, nouveaux.
Cette Varenne m’avait bien occupée avant cette saleté d’expropriation.
Mon oncle André et moi prenions le chemin qui y menait avec le char que tiraient Perle et Bretonne. Ce chemin partageait les terrains de droite plus proches de l’Allier de ceux de gauche où se trouvent Montfaucon et son château d’eau. Dans une partie du  champ de gauche, nous plantions des pommes de terre. Je m’en souviens bien. Ce travail a concouru à me forger une âme de paysanne, de future jardinière, inculquant à mon tour ce goût de la terre à ma famille. Quand tout fout le camp, reste la culture. Merci à André et Victorine de m’avoir enseigné  ce savoir précieux ! Voici un exemple de ces souvenirs…

Si octobre datait la rentrée de l’école, c’était aussi le temps de ramasser les patates.
A demi plié, mon oncle arrachait les tubercules en enfonçant dans la terre du champ de La Varenne sa fourche-bêche puis il les reposait sur cette glèbe. Je les triais alors par catégorie et faisais trois tas que je laissais sur le terrain fin qu’elle se ressuyassent : les grosses, les moyennes, les petites. Les premières étaient destinées à notre consommation, les secondes à la future semence et les troisièmes aux animaux, cochon et volaille que Victorine élevait. Elle les ferait cuire dans la chaudière à cet effet.
Nous ne devions pas les laisser longtemps à l’air libre car elles risqueraient de verdir sous la lumière,  les rayons du soleil concourant à les rendre impropres à la consommation en raison de la solanine, un glycol-alcaloïde toxique.
Le lendemain, elles avaient un peu séché à l’air, mon oncle attelait les deux vaches au char chargé de grands sacs de toile de jute que nous remplissions de la récolte. Arrivés à la maison, on s’empressait de les vider à la cave, dans le noir, où les pommes de terre se conserveraient jusqu’à l’année suivante.
Dans la famille, nous plantions des BF15 et des Bintje.
Aujourd’hui, mon mari plante des pommes de terre et en est même un adepte de leur culture. Yann et Alice en ont beaucoup récoltées mais elles avaient été endommagées par les taupins. Il n’y en avait pas à La Varenne.

Septembre 2018

 

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Ma mère Jeanne Archer-Rousset n’est plus

Ma mère récemment à l’UHR (unité d’hospitalisation renforcée)

Jeanne est morte mercredi 26 septembre 2018 à 11H45 à l’UHR Les Patios du Velay de l’hôpital Émile Roux du Puy-en-Velay. Une tumeur envahissante au pancréas a eu raison d’elle.
Son inhumation a eu lieu lundi premier octobre 2018 au cimetière d’Alleyras où son cercueil a rejoint le caveau familial dans lequel reposent les derniers défunts des familles Archer, Rousset et Couprie. Ce sont par ordre décroissant : Victorine Archer, André Archer, Albert Rousset, Jean Couprie, Simonne Couprie, Jeanne Roussset.
Jean Fayard, officiant laïc, présidait la cérémonie en l’église et au cimetière. J’en ai apprécié la simplicité.
Lui, serge et moi avions préparé ensemble ce moment.

Grand merci à tous ceux qui sont venus accompagner ma mère dans cet ultime au revoir.
Voici les textes qui ont été lus à cette occasion.

1. Texte de Viviane dit par Clovis :
Jeanne Archer naquit le 30 mars 1926 dans la maison familiale à Saint-Préjet-d’Allier, cette même maison où mourut son père Jean Pierre Archer neuf mois après sa naissance. Sa sœur Simonne avait alors un peu plus de trois ans.
Sa mère que beaucoup appelaient « La Victorine » devenue veuve bien jeune partit s’installer à Pont d’Alleyras avec ses deux petites et fit construire une maison où elles grandirent.
Elles fréquentèrent la classe laïque de Madame Viala. Puis, Jeanne suivit sa sœur pour aller en pension à Langogne. C’était alors la deuxième guerre mondiale et la cantine a eu raison d’un quelconque goût de Jeanne pour les pois chiche dont on a souvent entendu parler accompagné d’une mimique faciale déformée.
Mais elle fit des cours ménagers et surtout de couture qu’elle suivit là bas, un domaine où elle excellait ; elle le portait sur elle au quotidien, à qui n’ont pu échapper ses ensembles jupe / veste et ses tricots, et elle recevait son entourage autour de napperons au crochet et serviettes brodées. Elle fabriqua même quelques temps des mouches pour la pêche.
Elle partit habiter avec son mari Albert Rousset à la Grand-combe en 1973 pour y travailler.
Quand la Victorine mourut en juin 1976, année de sécheresse, Jeanne hérita de la maison de Bel’Air qu’elle fit restaurer et moderniser avec l’aide de son mari. Elle y passait les six mois de belle saison et regagnait le Gard les jours froids. Et quand Albert mourut le 30 décembre 1990, elle continua de venir seule à Bel’Air via le Cévenol
Très travailleuse et débrouillarde, elle cultivait son jardin et participait à la préparation des repas du four de la Planche où elle adorait aller. Elle faisait partie du club du 3ème âge d’Alleyras. Elle a fréquenté le Couvige d’Alleyras où elle se sentait bien.
Les années d’une vie passèrent jusqu’à mars 2017 où la maladie arriva.
Sa mémoire fut touchée, sa belle indépendance et son autonomie aussi, son énergie en prit un coup. Elle rejoignit définitivement Bel’Air et continua son chemin non sans quelques aides pour surmonter les embuches dont celle de Corinne Basset au quotidien.
Malheureusement, une mauvaise grippe la toucha en avril 2018 ; ses capacités cognitives jusque là maintenues se dégradèrent encore ; elle entra à l’hôpital. Une tumeur du pancréas foudroyante écourta son séjour. Elle a fini sa vie à l’UHR de l’hôpital Émile Roux entourée et bien soignée.

2. Texte écrit et lu par Alice :
M’oiselle Jeanne qu’on se souvient dessinée par ses mollets fins de jardinière.
Madame Jeanne dynamique et oxygénée du Bel Air au Pont, qui savait aussi faire ses vêtements, et les nôtres, ça c’est son dernier gilet pour moi.
Mamie Jeanne selon Félix et pour Clovis et moi, également cuisinière de la pintade pommes de terre haricots verts et de la sauce huile moutarde vinaigre au fond du saladier avant d’y mettre la salade Sucrine, et de l’île flottante au caramel, et de la confiture de framboise un peu trop cuite, et des fraises au sucre…
Mamie gâteau et son escorte canine de Juño, If ou Lou, gâtées en douce sous la table pendant le café de spéculos et langues de chat.
Elle est partie avec la cane du chanteur qui dit que c’est à cause d’avoir fait un rhume mauvais : les derniers jours, nous l’avons entendue se demander qui avait bien pu lui refiler toute cette fatigue qu’on ne lui connaissait pas beaucoup…
Ce ne sont pas ses problèmes de fer qui l’emperchaient d’avoir une santé de fer… l’héritage d’une costaude, on ne peut pas rêver  mieux de ses ascendants. 92 ans, ça en fait encore du chemin pour l’égaler… bon repos à toi après cette belle performance.

3. Passages recherchés par Serge et lus par lui : la mort dans la Bible
Jeanne a passé l’Archeron et ce moment est pour nombre de survivants une occasion d’interrogation sur la mort.
Nous devisions là-dessus avec Jean notre officiant pour dire que nul n’en n’était revenu pour raconter ce qu’il s’y passait dans ce royaume d’après la vie. Et pour convenir que beaucoup de gens pouvaient, en conséquence, ne pas avoir une idée bien étayée là-dessus n’ayant en fait que très peu d’éléments à disposition.
Néanmoins, constatons qu’il existe un écrit qui en parle de manière sans ambages, simple, et d’une précision qui ne laisse place à aucun doute comme si l’auteur connaissait bien ces choses et voulait les transmettre en tant que vérité naturelle à savoir, pour nous humains, qui en suite des morts, sommes confrontés à la vie.

Voici la phrase qui y sonne en tant que révélation pour beaucoup :
« L’esprit de l’homme sort, l’homme retourne au sol; ce jour-là, ses pensées périssent ». C’est une citation des psaumes 146:3, 4.
Mentalement dans Psaume 115:17 cette précision : « Les morts ne louent pas Ya, ni aucun de ceux qui descendent dans le silence de la mort »
Plus explicite: Ecclésiaste 9:5, 10) « Les vivants savent qu’ils mourront ; mais les morts, eux, ne savent rien, …………….…/ … car il n’y a ni œuvre, ni plan, ni connaissance, ni sagesse dans le shéol, le lieu où tu vas » (Le mot hébreu « shéol » et le mot grec « hadès » désignent la tombe commune aux hommes.
Il est donc lumineux, que quand nous mourons, nous cessons d’exister. Après la mort, nous sommes incapables de penser, de faire ou de ressentir quoi que ce soit. Nous retournons à la poussière du sol. Genèse 3:19
La Bible compare souvent la mort au sommeil (Psaume 13:3 ; Jean 11:11-14 ; Actes 7:60).
Si quelqu’un revenait à la vie, il ne pourrait pas raconter ce qu’il a vécu puisqu’il était dans le « sommeil » mortel et qu’il n’était donc pas conscient.
Ainsi, Lazard, mort depuis 4 jours ne pouvait rien raconter de son expérience de la mort. Ainsi des 8 morts répertoriés en tant que ressuscités tel que nous les expose la Bible.
Lazard était un ami de Jésus. Quand il est mort, Jésus a dit à ses disciples : « Lazard notre ami s’est endormi. » Mais il ne voulait pas dire que Lazard dormait. Juste après, il a dit : « Lazare est mort » (Jean 11:11-14).
Quand Étienne a été tué, il s’est « endormi dans la mort » (Actes 7:60).
Paul aussi a écrit que certains chrétiens « se sont endormis dans la mort » (1 Corinthiens 15:6).
Dans le jardin d’Éden, son père a dit à Adam : « De tout arbre du jardin tu peux manger [...]. Mais quant à l’arbre de la connaissance du bon et du mauvais, tu ne dois pas en manger, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2:9, 16, 17).
« Vous ne devez pas en manger, [...] afin que vous ne mouriez pas» (Genèse 3:1-3)
Ceci sous entend que l’homme possédait dans son plan génétique de vivre éternellement.
La mort marque au fer sans aucune exception toute l’histoire du premier homme qui a voulu faire cavalier seul en se désolidarisant du Créateur.
La Bible promet qu’un jour « la mort ne sera plus » (Révélation 21:4).
Et Révélation 20:13 nous annonce : « La mer a rendu les morts qui s’y trouvaient, et la mort et l’hadès (la tombe) ont rendu les morts qui s’y trouvaient. »
« Comme dernier ennemi, la mort sera réduite à rien » (1 Corinthiens 15:26).
Si la mort n’existe plus, ce sera bien le signe de la réconciliation de l’humanité et de la reconnaissance du Père en tant que Créateur. Les conditions de vie telles que prévues dans le dessein d’origine étant rétablies la vie pourra ainsi continuer comme par le passé du tout début de l’existence de l’homme.

Octobre 2018

 

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Jacques Brel

Je vénère cet homme,  chanteur et chanteur sans égal. Sa personnalité est entière, multiple, faite de contradictions : irradiante sur scène, crépusculaire en famille.
Né bourgeois, il a terminé son existence aventurier, n’ayant eu de cesse de tourner le dos à sa destinée, à sa condition. La trajectoire de Jacques Brel, mort à 49 ans, fut tendue, raide, digne d’un roman. Cet artiste faisait peu de compromis avec le médiocre. Son œuvre, quarante ans après sa mort, est toujours aussi vivante et de nombreux chanteurs d’aujourd’hui se réclament de son héritage, citant «Ne me quitte pas», «Ces gens-là», ou encore «Amsterdam» dans les chansons qui les ont marqués.
France 3 retrace ici son histoire : https://www.france.tv/documentaires/art-culture/702301-jacques-brel-fou-de-vivre.html

Septembre 2018

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Les fenaisons

En ce mois de juillet qui marquait le début des vacances scolaires, la famille de La Victorine s’activait aux travaux de fenaison; c’était un sacré travail qui mobilisait tous les bras, du plus âgé au plus jeune en état de donner un coup de main, petit ou grand. Ces fenaisons n’étaient souvent pas complètement achevées fin juillet. Aussi le lendemain, vers neuf-dix heures, mon oncle André, ma grand-mère, ma mère et moi, Pied-Blanc sur les talons, accompagnés de thermos de boissons fraîches à base d’Antésite* pour nous  et munis d’un casse-croûte et d’une bouteille de vin pour le faucheur  allions rejoindre mon père Albert qui fauchait l’herbe dans le pré du Pasturau.
Levé depuis l’aube, car la rosée facilitait sa tâche, il avait besoin de reprendre des forces. Au détour d’un virage du chemin qui montait vers lui, nous l’aperçûmes, plié en deux, fauchant l’herbe d’un geste lent et régulier, laissant derrière lui des andins** bien alignés. Je distinguai sa large ceinture de flanelle qui lui ceignait la taille et une bonne partie des reins.
A notre vue, il s’arrêta et épongea la sueur qui ruisselait sur son visage et son cou à l’aide d’un mouchoir à gros carreaux blancs et bleus. Puis il alla s’assoir à l’ombre d’un arbre et dégusta de bon appétit pain, saucisson, lard et fromage dont beaucoup faits maison.
« Tiens Pied-Blanc, c’est pour toi« , dit mon père en jetant les peaux de saucisson, la couenne du lard et un croûton de pain au chien qui le remercia d’un bon regard. Puis il ajouta d’un air satisfait :
« Je pense que je finirai ce pré aujourd’hui; le temps a l’air beau, demain je faucherai le dernier, celui de Pradaou. »
De temps en temps, il buvait à même la bouteille le vin, remise aussitôt au frais dans le torchon humide.
Les dernières miettes avalées et l’ultime rasade engloutie, il affuta sa faux avant de reprendre sa tâche. Il sortit sa pierre à aiguiser du coudrier*** en bois rempli d’eau qu’il portait, accroché à la ceinture. Toute la campagne résonna alors de ce son cristallin.
Ensuite, il se remit à son travail jusqu’à l’heure du repas qu’il lirait sur le cadrant de sa montre.
Après le dîner, il prit le temps d’aller faire sa sieste dans le fenil de la grange où il ne serait pas dérangé.
Pendant que mon père se restaurait, nous, notre râteau sur l’épaule, nous rendîmes dans la partie du pré fauché de la veille.Nous devions tourner le foin afin qu’il soit bien sec avant de le rentrer à la grange.
Cette dernière opération ne devait pas attendre plus d’un jour ou deux en espérant que la pluie ne viendrait pas perturber nos projets.
Engranger cette récolte était une autre paire de manches.
En principe, mon oncle André prenait la direction de la petite troupe  féminine dont je faisais partie. Chacune avait un rôle déterminé : Victorine et Jeanne devait ramasser le foin en tas avec leurs râteaux, moi je devais me placer devant les vaches pour chasser les mouches et les taons qui les perturbaient et pour les empêcher de bouger, mon oncle menait l’attelage ou chargeait le char en prenant des fourchées dans les tas. Je chassais les insectes en balayant le cuir des vaches grâce à une branche de frêne.
Mon oncle me demandait régulièrement d’interrompre cette activé pour aller « faire le char », activité ponctuelle qui consistait à monter sur le foin accumulé dans le char puis à le piétiner pour que mon poids le tasse. Puis, je retournai à mon occupation précédente.
Heureusement que nous n’étions pas allergiques au pollen des plantes ! Par contre, les résidus d’herbe séchée me piquaient bras et jambes que la sueur collait sur ma peau.
Je trouvais ce travail pesant d’autant que je savais les jeunes enfants de mon âge venus en vacances de la ville chez leurs grands-parents occupés à la baignade à La Varenne ou jouant avec les copains.
Bref, je vivais un peu les fenaisons comme une punition et un fardeau !

 

*Antésite : concentré à base de réglisse, créé en 1898 par Noël Perrot-Berton, apothicaire à Voiron, qui entendait ainsi lutter contre l’alcoolisme chez les cheminots et sur les chantiers. Dilué dans de l’eau, à raison de 10 gouttes pour un verre, il donne une boisson désaltérante. Sans sucre ni édulcorant, Antésite existe en plusieurs parfums.
**Andin : raie d’herbe coupée.
***Coudrier : étui de bois contenant la pierre à aiguiser.

Août 2018

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Gilbert B. d’Aussac

Gilbert est venu avec Hélène passer une semaine au camping municipal de Pont d’Alleyras fin juillet début août 2018. Un retour dans son pays, dans son enfance et sa jeunesse auxquels il reste fidèle par son attachement tripal.
Un soir, à la fraîche, Estelle qui gère et anime le camping, lui a proposé de lire quelques uns de ses textes aux campeurs qui le souhaitaient.
C’est ainsi qu’un groupe a fait cercle devant lui pour l’écouter durant environ deux heures. Gilbert a captivé ce public improvisé auquel il a raconté son pays. Et comme il m’en avait informée, j’ai assisté  cette récréation improvisée.
Nous avons mangé au domaine du Sauvage à Chanaleilles qu’Hélène et Gilbert m’ont fait découvrir.
Nous avons visité les alentours avec eux.
Merci à ce couple généreux et empathique.

Août 2018

 

Un de ses textes :
« Papa, tes champs de labour
Que tu entretenais avec amour,
La nature entière te les chantait.
Las de travail mais heureux tu te taisais.
Hier encore j’étais dans ton pré,
Pensant au moindre instant de ton passé
Dans l’herbe, parcours de mon errance,
Abasourdi de ton absence.

Ton caractère et ta main ont façonné
Ton si beau pays que tu as tant aimé
Papa, j’ai presque ton âge, je me sens fatigué
De ta mort je ne serai jamais libéré.

Gilbert prépare une troisième publication à paraître en 2019 qui est actuellement en train d’être informatisée. Une affaire à suivre !

 

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La face cachée du bio low-cost


France 5 montrait ce documentaire https://duckduckgo.com/?q=la+face+cach%C3%A9e+du+bio&t=ffab&iax=videos&ia=videos&iai=ViqTvoa-jDg

Juin 2018

 

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La pluie


12 juin 2018 : il pleut depuis si longtemps, un mois au moins, que l’humidité m’englue, me colle au dos et aux reins. Durant les accalmies, il faut jardiner le plus possible si on veut récolter. Beaucoup de graines ont disparu, vraisemblablement pourries dans la terre…
Le sol est gorgé, il s’enfonce sous la botte, il tasse, l’empreinte reste, petite flaque de boue. C’est la gadoue, la gadoue, la gadoue… Limaces et escargots se goinfrent : salades dont ils découpent les feuilles tendres, me laissant les nervures plus dures, les fraises qu’ils trouent… Les salauds !
A quand le mildiou ?
Trop, c’est trop !
Petit billet d’humour du jour.

Francis Ponge a écrit « La pluie » :

La pluie, dans la cour où je la regarde tomber, descend à des allures très diverses. Au centre c’est un fin rideau (ou réseau) discontinu, une chute implacable mais relativement lente de gouttes probablement assez légères, une précipitation sempiternelle sans vigueur, une fraction intense du météore pur. A peu de distance des murs de droite et de gauche tombent avec plus de bruit des gouttes plus lourdes, individuées. Ici elles semblent de la grosseur d’un grain de blé, là d’un pois, ailleurs presque d’une bille. Sur des tringles, sur les accoudoirs de la fenêtre la pluie court horizontalement tandis que sur la face inférieure des mêmes obstacles elle se suspend en berlingots convexes. Selon la surface entière d’un petit toit de zinc que le regard surplombe elle ruisselle en nappe très mince, moirée à cause de courants très variés par les imperceptibles ondulations et bosses de la couverture. De la gouttière attenante où elle coule avec la contention d’un ruisseau creux sans grande pente, elle choit tout à coup en un filet parfaitement vertical, assez grossièrement tressé, jusqu’au sol où elle se brise et rejaillit en aiguillettes brillantes.

Chacune de ses formes a une allure particulière : il y répond un bruit particulier. Le tout vit avec intensité comme un mécanisme compliqué, aussi précis que hasardeux, comme une horlogerie dont le ressort est la pesanteur d’une masse donnée de vapeur en précipitation.

La sonnerie au sol des filets verticaux, le glou-glou des gouttières, les minuscules coups de gong se multiplient et résonnent à la fois en un concert sans monotonie, non sans délicatesse.

Lorsque le ressort s’est détendu, certains rouages quelque temps continuent à fonctionner, de plus en plus ralentis, puis toute la machinerie s’arrête. Alors si le soleil reparaît tout s’efface bientôt, le brillant appareil s’évapore : il a plu.

juin 2018

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