Retour en 1997

Remontons à l’Éveil du dimanche 3 août 1997. Ce jour-là, ce  journal titrait un de ses articles : Alleyras : la gare devient…épicerie
Suivaient des photos et un texte… qui remontent à vingt ans…Petit retour nostalgique dans le temps…

« Au même titre que l’école ou la boulangerie, une épicerie c’est important dans une commune. Alleyras avait perdu la sienne avec la fermeture il y a deux ans du dépôt Casino de Mme Cacaud.
On avait tort de croire cette disparition définitive. Depuis le 12 juillet, en effet, une nouvelle épicerie fort bien achalandée, a ouvert, dans un bâtiment peu banal pour ce genre de commerce : elle occupe l’ancienne gare de Pont d’Alleyras, louée à la commune.
Les premiers jours de fonctionnement sont très encourageants pour l’épicière, Mme Gilbert Morfin, née Savy, tenancière du pays, et pour son époux, qui travaille au Puy, mais vient prêter main forte aux heures les plus »chaudes ». C’est qu’avec le camping, le village de vacances et une activité touristique assez importante dans le secteur, il y a beaucoup de monde autour des rayons; il arrive même que l’on fasse la queue à la caisse.
Mme Savy propose un joli échantillonnage de produits régionaux, de la charcuterie, des boissons. Un rayon fruits et légumes, en plus bien sûr des denrées classiques qu’on trouve dans ce genre de commerce.
Bien entendu, elle sait très bien qu’à Alleyras, l’activité sera essentiellement estivale Mais M. Morfin envisage de faire des tournées l’hiver car, dans son esprit, il s’agit bien de tenir ouvert toute l’année.
On dénonce trop souvent la désertion des campagnes et l’abandon des commerces pour ne pas saluer cette ouverture et ne pas souhaiter de bonnes affaires à cette épicerie, la seule à une quinzaine de kilomètres à la ronde, les plus proches étant à Cayres ou à Saugues.
Pour les gens d’Alleyras, la gare c’est quand même plus commode ! »

Août 1997… je partais travailler en Polynésie française en compagnie de mon mari et de nos enfants. Je viendrai m’approvisionner Chez Pierrette Savy pendant les vacances scolaires passées dans ce village. J’en garde un souvenir inoubliable : une copine d’école très douce et plus tard, une épicière particulièrement gentille, serviable et chaleureuse, un Gilbert sympa.

Mai 2017

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Le four banal d’Aussac

Article et photos  tirés de Sylvain Bret, Volcan n° 89, avril-mai 2017, témoignage de Denis Arnaud.

Né à deux pas du four d’Aussac, Denis Arnaud nous raconte ce qu’il sait de son histoire. S’il ne figurait pas sur le premier cadastre napoléonien (1840), on peut estimer que ce bien de section aurait été construit pendant le dernier quart du XIXème siècle, entre 1865 et 1900. Le four d’Aussac ne date donc pas d’hier, et pourtant, n’ayant jamais connu de vraie rénovation, il tient toujours bien debout sur ses quatre murs !

Le hameau, qui domine le Pont d’Alleyras, ne se compose que de fermes en pierre basaltique, typiques du pays et relativement grandes, car elles accueillaient en leur sein plus d’habitants qu’actuellement. Aoust Philippe, né environ en 1842, était maçon-charpentier sa vie durant à Aussac. Arrière-grand-père de Denis Arnaud, c’est lui qui aurait construit plusieurs maisons du village. Ainsi le petit-fils a de bonnes raisons de penser que son aïeul serait le mystérieux constructeur du four à pain; à juste titre semble-t-il, tant la méthode de construction est similaire à celle des bâtisses voisines, dont il a érigé les murs.

Aujourd’hui, au hameau d’Aussac, il y a six habitants permanents; à l’époque, estime Denis Arnaud, ils devaient être au moins le double, voire une quinzaine, tous des paysans. Ils auraient utilisé le four jusqu’au début des années 60, pour cuire le pain du mois. « A l’époque, en milieu rural, on était tellement accaparé par le travail et les corvées qu’on ne pensait pas encore à sauvegarder le patrimoine » souligne-t-il.
Cependant, le four n’est pas en mauvais état : les murs n’ont quasiment pas bougé, le toit est bon, après avoir remplacé les tuiles abîmées et posé des pierres pour les défendre face au vent. On notera seulement l’absence de la cheminée, qui sera donc à reconstruire entièrement, le sol à mettre à niveau, revêtir l’intérieur du four (en très bon état) et à nettoyer car les araignées en ont fait leur repaire.
Des travaux que Denis Arnaud aimerait entreprendre dans un avenir proche, afin de préserver le patrimoine de son village natal tout en rendant hommage à son arrière-grand-père, Philippe Aoust.

Mai 2017

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La sève de bouleau

Au tout début de la montée de sève, entre la fin du mois de février et la mi-mars, c’est le moment idéal, lorsque les nuits sont très froides et noires en alternance avec des jours doux et lumineux, pour inciser l’écorce et enfoncer quelques centimètres d’un bout de tuyau en caoutchouc dans la chair de l’arbre.
Immédiatement, un liquide transparent, un peu comme de l’eau, se met à couler. Une bouteille pour réceptionner le jus.

 

Une récolte quotidienne
Chaque jour, on obtient environ un litre par bouleau.
Quand le liquide commence à blanchir, c’est que la sève a commencé son parcours en direction des branches hautes. Il faut alors s’arrêter. Ne pas trop prendre, pour ne pas tuer l’arbre. Reboucher délicatement le trou qu’on a percé avec le meme petit bout de bois qu’on a ôté. Et remercier.

Une cure de 10 jours
Chaque matin, pendant 10 jours, boire un verre à jeun de ce breuvage.

Détoxifiante et reminéralisante
La sève de bouleau est réputée pour son pouvoir détoxifiant et reminéralisant. On la récolte dans nos forêts à la sortie de l’hiver. Pas seulement parce que c’est la montée de la sève, pas pour honorer la symbolique de renouveau, mais parce que c’est à cette époque-là que nous en avons le plus besoin. Pendant la saison froide, on est moins sorti de chez soi, on a moins bougé et on a mangé plus riche en sucres et en graisses, alors on a stocké. Arrive le moment où on doit drainer les toxines accumulées pendant l’hiver et se recharger en oligo-éléments pour réveiller son organisme. Un peu comme on ferait l’entretien de sa batterie, on en change le liquide, et on la recharge en énergie.

1- effet drainant
Pendant la cure, vous allez souvent aux toilettes car la sève de bouleau est diurétique. Elle permet d’éliminer de l’acide urique et du cholestérol. Elle fait du bien à la vessie, à la vésicule biliaire et aux affections rhumatismales. Quand on détoxifie, qui bosse ? Les émonctoires, qui jouent un rôle de filtres épurateurs : c’est-o-dire le foie, les intestins, les reins, les poumons, sans oublier la peau, la sève de bouleau fait transpirer aussi et donc en même temps, améliore les problèmes de peau (parfois, ça commence par une éruption de boutons…).

2 – effet minéralisant
Dans la sève de bouleau, on a du silicium, du calcium, du phosphore, du potassium, du magnésium, du lithium, du sélénium, de la vitamine C : un joli cocktail reminéralisant !
Avec tout ça, on régule sa circulation sanguine, son humeur qui en a pris un coup avec le manque de lumière.

La sève de bouleau, c’est bon pour les os, le cœur, la mémoire, le surpoids, plein de trucs… Bref, on en reprendrait bien une petite rasade, sauf que… excès nuit. Avec juste un verre par jour pendant 10 jours, soit environ 1 litre.
https://www.youtube.com/watch?v=DZO2J7R2L5I

Mai 2017

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Le houblon sauvage


Humulus lupulus, Cannabinacée

Si on vous dit houblon et que vous pensez bière, lisez ce qui suit ! Vous pourriez être étonné par les autres usages de cette plante qui est en fait une liane.
Le houblon est une plante vivace. On la rencontre fréquemment en Haute-Loire, sauf en altitude. Elle pousse dans les endroits frais et humides, au bord des chemins et des rivières et ruisseaux.
Les tiges grimpantes couvertes de poils raides et sans vrille s’enroulent sur tout ce qui est capable de leur servir de support et atteignent le plus souvent 6 mètres de hauteur. Les feuilles opposées ressemblent à des feuilles de vigne et sont rudes au toucher. C’est une plante dioïque*. Les pieds mâles portent des fleurs avec 5 pétales jaunes et 5 étamines, alors que les pieds femelles portent des fleurs groupées en court épi tombant, qui se transforment, après fécondation, en chatons coniques vert clair. Parvenus à maturité, ils contiennent des fruits aplatis couverts de glandes jaunes aromatiques.

Un légume sauvage et délicieux
Au printemps, les jeunes pousses tendres du houblon sont aromatiques et légèrement amères. Elles se cueillent à partir d’avril jusqu’à la floraison. Les pousses tendres se cassent facilement entre le pousse et l’index, on en prélève l’extrémité sur 10 à 25 centimètres de longueur. Elles sont délicieuses crues, ajoutées aux salades. Passées à la vapeur quelques minutes, en vérifiant qu’elles conservent leur croquant, elles se préparent comme des asperges. Elles peuvent aussi être lacto-fermentées.
Les cônes femelles armers et parfumés se ramassent à maturité en septembre et parfument les bières depuis le Moyen-Age.

Des vertus sédatives et toniques
Le houblon est reconnu pour ses propriétés calmantes, digestives, toniques et diurétiques. On utilise les cônes femelles. Elles peuvent aider à retrouver le sommeil. Attention au dosage, pour obtenir l’effet escompté !

Omelette aux pousses de houblon
- 3 grosses poignées de jeunes pousses de houblon
- 6 œufs
- juile d’olive
- sel, poivre
Laver abondamment les plantes sauvages.
Découper les jeunes pousses en tronçons d’environ 2 cm.
Chauffer un peu d’huile dans une poêle, puis ajouter les jeunes pousses. Laissez revenir 5 minutes à couvert sur petit feu.
Battre les œufs en omelette. Saler et poivrer.
Verser dans la poêle bien chaude et laisser cuire 4 minutes. Plier l’omelette en deux.
Servir avec une salade de doucette sauvage et une bonne bière artisanale.

Infusion tonique
- 10 à 15 grammes de cônes pour un litre d’eau
Infuser 6 minutes. Boire trois tasses par jour.

Infusion calmante
45 g de cônes pour un litre d’eau.
Infuser 6 minutes. Boire trois tasses par jour.

Le houblon renferme des phyto-œstrogènes, (substances d’origine végétale, à action similaire à celle des œstrogènes) qui peuvent diminuer les troubles liés à la ménopause.
Un moyen astucieux pour lutter contre l’insomnie et bles énurésies** est de dormir dessus en enfermant les cônes dans un oreiller.
Comme toute substance active, il est déconseillé aux femmes enceintes d’en abuser.

Au jardin, une plante cache-misère
Comme plante ornementale, le houblon séduit par l’aspect décoratif de ses feuilles, sa rusticité et la rapidité de sa croissance. Il permet de couvrir les éléments disgracieux du jardin : treillage, muraille, abri de jardin.

* Les fleurs mâles et les fleurs femelles se trouvent sur des pieds séparés.
** Incontinence urinaire.

https://www.youtube.com/watch?v=s_5zLKXbpE4

Mai 2017

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La cabane de Gilbert

Je me souviens d’un grand projet que nous avions en commun et qui nous tenait à cœur : un véritable défi que nous lancions aux grands, celui-là même d’avoir notre propre cabane en dur. Notre cachette actuelle était en bois pas très étanche et assez fragile.
Le projet murissait dans nos têtes; pour cela, il nous faudrait piller tout le village et mobiliser certains habitants compétents et dévoués pour arriver à une telle construction.
Il nous fallait récupérer le matériel suivant : des pierres pour les murs, de vieilles planches pour les solives, des briques anciennes au coudert*pour les encadrements des fenêtres. Un chantier presque titanesque pour notre âge (environ dix ans) !
Pendant un an, nous fûmes les infatigables travailleurs du hameau.
Avec un diable**, nous mîmes une journée complète pour transporter la grosse pierre d’angle de notre bâtisse. A force de pousser, tirer, en nous aidant de la déclivité du chemin, nous arrivâmes enfin à l’acheminer en bas de la montée de grange. Ce chariot possédait deux roues de fonte trop petites qui se bloquaient trop rapidement sur les nombreux cailloux du chemin. Il nous a été quand même bien utile pour le transport car, sans lui, nous n’aurions pas pu hisser cette pierre sur notre brouette.
Avec nos brouettes de bois, nous transportions des pierres de toutes sortes glanées aux abords du pays.
Pour construire se trois murs, car elle était adossée à une ancienne ferme, pas de ciment mais de la terre glaise que nous allions chercher avec l’attelage du papa de mon copain à l’ancienne carrière de terre grasse proche du village.
Les deux Aubracs aux yeux remarquables cerclés de blanc, à la robe marron, tiraient la charrette pleine du précieux liant de nos murs. Patiemment, mon camarade maçon assemblait les pierres pendant que je faisais le manœuvre.
Notre maison prenait forme avec une double fenêtre côté façade, donnant sur la rue. Une autre ouverture plus simple donnait sur la cour, une autre à l’arrière et la dernière était la porte. Ainsi, nous pouvions surveiller le village.
Quelle fierté d’arriver au toit ! Les solives étaient de vieux troncs de pin encore solides récupérés au fond d’un hangar. Les planches provenaient d’un tas de bois découvert dans une ancienne grange. En chapardant chacun de notre côté, nous avions « emprunté » les pointes à nos papas.
Le plus dur fut de trouver les tuiles rondes nécessaires pour couvrir ce toit qui nous mettait à l’abri et protégeait nos secrets. Dans les petites décharges, nous avons trouvé beaucoup de tuiles cassées, ce qui nous prit pas mal de temps pour trier les bonnes.
Un jour, à force de ténacité, de courage, notre « carré d’enfance » se termina. La porte en bois bien clouée nous protégea des regards curieux des anciens.
Nous l’avions passée à l’huile de vidange pour qu’elle ne prenne pas l’eau.
Nous avons usé jusqu’au petit bout de métal les fragiles pinceaux de notre boîte d’aquarelle en épongeant jusqu’à la dernière goutte de de couleur dans les coupelles pour peindre les encadrements intérieurs de fenêtre.
Quelle belle maisonnée ! Bien mieux qu’une cabane sommairement couverte de branchages, mais avec de vraies tuiles rondes du pays.
A l’intérieur, elle était meublée d’un vieux banc de cuisine accompagné de deux autres petits de notre fabrication , d’une sorte de table basse où nous posions nos livres et nos verres.
Jolie cabane de nos secrets bien gardés à l’abri de ses murs de pierre !
Premières cigarettes fumées en cachette ! Premiers timides flirts avec nos deux voisines du Puy qui venaient passer leurs vacances chez leur grand-mère !
Avec elles, nous nous amusions et chahutions gentiment au gré de nos saines lectures des jeunes de l’époque.
Les murs tremblaient lorsque « la troisième guerre » est arrivée jusqu’à nous, celle de 1968 comme disait Coluche. Nous l’avons suivie sur notre transistor, mais ce qui nous intéressait le plus, c’étaient les chansons rock et les slows de l’année. Nous avions quinze-dix sept ans et l’existence était belle dans notre repère bien aménagé. Je partageais mon temps entre mon apprentissage dans l’entreprise locale avec papa et mes obligations paysannes de la saison… et pour le reste, nous nous retrouvions dans la cabane.
Ce gîte d’une grande partie de notre enfance et de notre adolescence est resté gravé en nous parmi nos meilleurs souvenirs.
Un jour de la réactualisation du cadastre sont venus des hommes de métier que nous connaissions bien. Ils ont pris les dimensions généreuses de notre chef d’œuvre construit par nos mains d’enfants et qui nous avait donné tant de mal. Actuellement, elle est présente sur le plan cadastral, représentée par un petit rectangle.
Notre église à nous, notre lieu de rencontres, notre poste avancé en plein milieu du village, notre salle des jeunes, notre maisonnette n’était vraiment qu’à nous.
Plus tard, les aléas de la vie nous ont obligés à la délaisser, peu à peu, au fil des ans. Désertée définitivement, victime des outrages des ans, elle a vieilli telle une arrière-grand-mère et s’est éteinte comme une bougie. Pierre par pierre, elle s’est écroulée inexorablement, lentement. Son toit a cédé sous le poids des lourdes tuiles rondes et des années. Il s’est affaissé sur notre plancher, entraînant un pan d’angle du mur.
Cabane où mon camarade et moi et nos deux copines, nous venions grignoter nos tartines de confiture de fraises, framboises de nos jardins, et que nous étalions délicatement sur nos tranches de bon pain, découpées dans une couronne et que nous lissions à l’Opinel.
Nous nous régalions aussi de nos abondantes cueillettes d’automne quand nous revenions chargés de lourds sacs de noisettes, noix, pommes, poires, que nous rangions dans de vieilles corbeilles d’osier.
Nous étions quelque part des écureuils faisant provisions pour l’hiver.
Cabane de nos premiers dialogues et contacts sentimentaux au cours de nos soirées rock’n rolliennes et slowtantes sur notre plancher des vaches.
A la place où tu trônes, au centre du hameau, tu es une chapelle. Il reste encore tous nos fous rires d’enfants et la fureur de vivre de notre adolescence. Nos chansons résonnent encore sur ce petit plat de terrain perlant de gouttes de pluie sur cette montée de grange, et s’écoule le reflet d’une génération perdue que chante Johnny Halliday. Elle comprend le sourire de nos étés brûlants de soleil et d’amour.
Dans notre maison, nous étions les gardiens d’un temps précieux que je retrouve parfois sur quelques photos en noir et blanc. Un jour, j’en ai refermé la porte en ne sachant pas que c’était la dernière fois. C’était une autre page qui se tournait. Je ne feuillette plus cet album aux clichés romantiques, mais parfois, cédant à la tentation, je parcours à nouveau les points forts et les faits marquants de cette cabane où nous avons laissé un peu de notre vie. D’ailleurs, j’avais oublié que c’est à l’intérieur que nous avions installé nos premières percussions  primitives. Elles étaient composées de cinq bidons d’huile avec, en vibration charleston, deux plaques de zinc coincées entre quatre pointes pour les faire vibrer. La grosse caisse était un seau en plastique . Avec cet arrangement de batterie, je découvris mes premiers rythmes.
Nos concerts en plein après-midi à l’heure de la sieste et surtout ceux de onze heures du soir n’étaient guère appréciés par nos voisins.
Pour nos petites surprise-parties entre copains et copines, nous débarrassions nos meubles.
Cette cabane a scellé malgré tout les amitiés du village grâce à notre courage et notre énergie débordante. De nos jours, lorsqu’on parle des deux garçons d’Aussac, le souvenir de la cabane revient toujours.

*coudert : terrain communal rural.
**diable : petit chariot pour transporter les sacs de grain.
https://www.youtube.com/watch?v=4ofqsRy9Ljw

Gilbert Boudoussier
Mai 2017

 

 

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Maman

Ma mère, Yalou et moi.

Les très vieilles personnes semblent un peu égarées
Elles sont, comme ma mère, souvent déboussolées.
Pourtant, quelqu’un m’a dit aujourd’hui :
« Jadis, le bleu de ses yeux m’avait ébloui
J’en garde encore ce souvenir qui jadis me conquit ».

Leurs traits devenus rides marquent leurs chagrins,
Leurs soucis ont gommé ce qui leur restait d’entrain.
Leur grand âge se transforme parfois en naufrage
Et si elles sont en peine, comme en hivernage,
Quatre vingt dix ans ont fait bien des ravages.

Un jour de mars, sa mémoire a fait faux bond à Jeanne,
C’est peut-être arrivé aussi à Simone ou à Suzanne
Devenues vieilles dames au maintien craintif
A la démarche mal assurée, l’air un peu fautif.
A leurs pas hâtifs s’accordent leurs regards furtifs

Elles conservent leur mémoire à long terme,
Souvenirs d’autrefois, bibliothèque qui se referme,
Celle du présent a pris la poudre d’escampette.
Elles essaient de retrouver à l’aveuglette
L’objet rangé il y a pour elles belle lurette.

Elles se lèvent tard, souhaitant ne  plus se réveiller
Et recommencent une autre journée pareillement rythmée
Que les projets n’habitent plus ou si peu :
Déjeuner d’un café lyophilisé, d’une larme de lait
S’habiller, se mettre à son crochet…

« Où sont mes clefs ? Qu’en ai-je fait ? Vous pouvez m’aider ?
Et mes lunettes, mon porte-monnaie, où se sont-ils cachés ?
Mon courrier, mes papiers, ai-je quelque chose à payer ?
J’ai oublié, je ne me souviens plus…
Mon dieu, je ne sais plus, je suis perdue…« 

«-  Quel jour on est aujourd’hui ? C’est lundi ?
Tu viens quand ? Tu ne m’avais pas dit mercredi ?
La voisine me parle à peine, elle ne me regarde plus,
Sachant que je dois partir. Je ne suis donc plus la bienvenue. »
«  – Maman, tu te fais des idées, tu seras bien reçue. »

Le corps médical me dit que ton « bilan cognitif* » est bien diminué.
L’infirmière ajoute que tu es plusieurs fois tombée…
Comme je me sens coupable, je dois nous justifier :
« Accompagnée ou seule, ma mère peut toujours chuter
Chez elle, dans une maison de retraite, un service hospitalier. »

Bien sûr, même si tu es affaiblie, fragilisée,
Tu me montres, ce que tu ne faisais dans notre passé,
Beaucoup de gentillesse et une sollicitude attentionnées,
Maman, je ne te laisserai pas tomber
Il te reste peut-être encore quelques années…

Tu retrouveras Bel’Air, ta maison, les racines de ton passé
Il suffira que là-bas tu sois aidée
Que tes « copines » ne te laissent pas tomber
Qu’on vienne régulièrement te voir
Pour que tu ne broies plus du noir.

Oui, le grand âge est une fameuse déroute,
Maman, surtout garde bien en vue la route
Les écueils sont bien trop nombreux
Maman, ne te laisse pas échouer sur l’un d’eux,
Méfie-toi, ensemble, nous serons au moins deux.

 

* bilan cognitif : cebilan a pour but d’étudier le fonctionnement cognitif. La cognition est l’ensemble des capacités intellectuelles et cérébrales d’une personne qui lui permettent de raisonner, de mémoriser des informations puis de s’en souvenir, de se repérer dans le temps et dans l’espace, d’effectuer une action ou un geste… Ces capacités sont assurées par différentes parties du cerveau. Le bon fonctionnement de ces zones cérébrales est donc testé de façon indirecte par le bilan.

Didier Barbelivien voit sa mère touchée, elle, par la maladie d’Alzheimer, qui s’attaque aussi à la mémoire : https://www.youtube.com/watch?v=d0CWDyknQMw

Mai 2017

 

 

 

 

 

 

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Le moulin de Couleau

Comme aucun adhérent du Gem Galaxie ne s’est bousculé au portillon pour rédiger un article de cette sortie proposée le 18 mai 2017, que les jours passent et que cette apathie me  tourmente, je crains que ça tombe dans l’oubli… Bien que je n’y sois pas allée, des participants m’ont parlé de cette visite au pays de Saugues, proche de mon village natal. Je connais un peu Saugues pour son musée de la bête du Gévaudan, par les récits de Robert Sabatier, pour son marché original, les médecins qui y officient ou y ont officié… Mais je ne connais pas la curiosité qui a fait l’objet de cette excursion : le moulin de Couleau.
Celui-ci se situe à 5 km de Saugues, sur la route d’Esplantas; il fonctionne à l’hydroélectricité qui sert à actionner une saboterie, un moulin à grain, une production d’hydroélectricité, une huilerie, un béal et une forge.

Mai 2017

 

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Vingt ans après : la résurrection d’un romancier

En triant des papiers chez ma mère, je tombe sur des photocopies d’un article de journal, envoyées par Nisou alias Denise Chanal. L’article découpé date des 5-11 novembre 1992 et vient du Nouvel Observateur, signé Jean-Louis Ezine.

Un revenant nommé Chany
En 1972, un jeune homme publiait « l’Ordre de dispersion », qui fut la pierre de touche des déçus de Mai 68, avant de disparaître en Haute-Loire. C’est là que nous l’avons retrouvé, au moment où il publie un nouveau récit, « Une sécheresse à Paris ».

Ramenac est une erreur de la géographie. D’un côté, il y a le Velay, qui fait dans la dentelle et la lentille verte d’appellation contrôlée. De l’autre, on trouve le Gévaudan, qui donne dans la peur du loup, la veillée au forfait, la légende séculaire. Entre les deux, la nature a enfoncé la cheville d’un canton réputé imprenable, qui a su tirer l’essentiel par ses vertus de la gravité de son profil. Elle fait le découragement du cadastre et le désarroi des armées d’occupation. La pente y est si rude que le chien aborigène, contre tous les usages en matière d’accueil dans les zones rurales, s’assoit avant d’aboyer, de crainte de rouler à l’abîme. C’est le sort que le pays réserve aux envahisseurs de toute confession, Allobroges*, Saxons ou tracteurs turbocompressés de la paysannerie libérale avancée. Personne n’a tenu debout bien longtemps dans ce coin perdu de la Haute-Loire, que les olographes** inscrivent par commodité dans la Margeride, parce qu’il faut bien être de quelque part. Mais la contrée tout entière est un adieu à l’Auvergne, à ses eaux curatives et à ses bougnats-penseurs, dont les derniers spécimens, les genoux serrés sur de longs parapluies noirs, méditent sur la fin des choses dans les cafés, les salles d’attente et les caisses d’épargne de la vallée, sous le portrait d’une jeune fille, partout la même, qui vante dans un sourire égal la gentiane du pays. Parfois, dans le demi-tour d’un établissement qui sent la feuille morte et la châtaigne grillée, un dialogue s’engage. « L’oie rôtie aux choux rouges, ce n’est pas lourd ? » s’inquiète un voyageur. « Rien de plus léger« , décrète un maître d’hôtel équipé d’un tablier sombre et d’une paire de moustaches hercyniennes. « Parfait. »
Mais là-haut, c’est le désert en équilibre instable, le serpent froid du vent qui siffle, la guerre pétrifiée du basalte et du granit mélangeant leurs boulets à fleur de prairie. Au débouché de la forêt, la ferme est isolée sur un balcon d’herbes rares, d’où le regard s’écrase dans dans une gorge de l’Allier. « Nous sommes au bord d’un socle primaire. Nous manquons d’assiette et de fonds depuis toujours. » L’homme est long et sec.
Il roule entre ses doigts une cigarette de tabac gris, à l’aide d’un papier d’une certaine sorte, non gommé, que l’on se procure au café-hôtel-restaurant-tabac-épicerie-marchand de vin en gros-dépôt de pain et de journaux de Pont d’Alleyras.
Son passe-montagne, son sourire désengagé et ses grands gestes lents lui donnent l’air d’un Touareg expliquant le Hoggar. Trois cents moutons l’entourent, « une race qui réussit chez nous et décline ailleurs« . Réussite.  est d’ailleurs le bon mot. On a tenté de réintroduire quantité de races, dans « ce pays où la terre est maintenant squelette apparent« . Avec des fortunes diverses. Seuls le mouton noir, le bison silésien ont tenu. Alain Chany est écrivain. Ou plutôt, il l’est redevenu, vingt ans après ses débuts oubliés. « Je suis le couteau sale auquel il manque le manche« , s’amuse-t-il à regretter. Et puis il parle de Breton, de Gide entre une brouette et une tronçonneuse encore chaude. C’est la saison du bois de coupe. « J’écris plutôt le matin, plutôt  tôt. Disons que je pratique le désordre des heures dans le négligé du vêtement, pendant que les brebis sont encore au chaud dans la bergerie. Le reste de l’année, je m’adonne à ce sport olympique qui consiste à regarder  quelque chose et penser à une autre. Faire le berger est une occupation intégrant  ce point de vue. Je rêve à des livres magnifiques en regardant les brebis, elles-mêmes captives intérieurement par leur maternité proche. »
Chany tisonne le fourneau à bois, dont la chaleur ne parvient pas jusqu’à la chambre, juste au-dessus, où dorment dans la poussière les livres conservés d’une carrière manquée.C’est entre une bouteille de Butagaz et une Remington de brocante que l’auteur de « l’Ordre de dispersion » est revenu peu à peu à la vie des mots Il apprend à « se remettre en ligne ». Il s’applique d’une écriture ronde et bleue, où l’on remarque une tendance à bien dessiner les lettres, sur des cahiers d’écoliers à spirales semblables à ceux, confiés jadis, à Antoine Blondin. Les mains dans des mitaines, les pieds dans la farine de moutarde. On y lit des choses splendides sur « le brouillard qui dort sur la campagne ainsi qu’un poulpe sur un lit d’algues« . On le lui dit. Il répond qu’ici, il ne s’étonne pas que le fond de l’air soit limpide quand il pleut.
Une drôle d’histoire, cette résurrection de Chany; en 1972, tout le monde connaissait et avait même parlé de lui pour le prix Médicis. « L’ordre de dispersion » était apparu comme le livre-culte d’une génération flouée par l’après Mai 68, dans le déclin inexorable de la dialectique du cinéma d’art et d’essai. Les plus grands ont salué ce récit brut de sciage, où les aphorisme****  fusaient avec un bruit d’épée sortant du fourreau, dans un climat où paraissait la promesse d’un grand style, qualité d’avant-guerre. Le Clézio, Yvon Belaval, Jacques Derrida lui-même n’avaient pas caché l’admiration que leur inspirait ce bref roman dont le manuscrit avait fait sursauter, quelques mois plus tôt, Georges Lambrichs dans son bureau de la rue Sébastien- Bottin.  « Cher monsieur, lu votre récit : c’est épatant (oui, sans réserves). J’en parle tout de suite à Claude Gallimard. » La gloire.
Et puis, plus rien. Vingt ans de silence, de galères et d’oubli. « On se penchait sur moi comme au-dessus d’un puits. Je devais être tombé bien bas. » Pourtant, son cas ne saurait être assimilé à celui de baba-cool, de la forte tête des faubourgs reconvertie dans le bûcheronnage ou la franc-maçonnerie en Lozère. Alain Chany n’est pas arrivé au mouton noir, le drapeau roulé sur l’épaule, à la façon de ces maoïstes passés sans transition de la poésie chinoise à la robinetterie de détail et qui ont peu à peu transformé la région en parc naturel des cocus de l’histoire. Alain Chany n’est pas un idéaliste. Certes, il s’est fait un jour dévorer un doigt par un hamster  qu’il voulait lier d’amitié avec un chat, mais on ne lui connaît pas d’autre audace idéologique contre les lois de la nature, et son passage dans l’enseignement aura été trop bref  pour impressionner un auditoire rompu à toutes les extravagances. C’est tout juste s’il se fit mal voir de la hiérarchie, qui ne présageait rien de très pédagogique dans ce prof de philo, avec son blazer de postier et ses fils électriques en guise de lacets. «  »J’avais 30 ans. Je faisais plus jeune que mon âge, mais de moins en moins. »
Alain Chany est un paysan, un vrai. Il en a les ancêtres, les références, les gestes et cette suspicion fameuse à l’égard des événements. « Il est arrivé à une époque où avoir des idées était une honte. Le stade Charléty, c’était bien fini. Et la vie d’un artiste, dans les ateliers, terminé. Les complications de l’histoire me donnaient plus de souci que la betterave, qui se désolait dans une sécheresse sans précédent, et il me semblait que j’avais consacré pas mal de mon temps à la liberté, l’égalité, la fraternité et à d’autres naïvetés du français élémentaire. J’ai déchanté. Même la camaraderie n’avait plus le caractère épidémique qui nous l’avait rendue si chère. J’étais un licencié de philosophie, je me retrouvais licencié de la philosophie.  On m’a refusé un deuxième livre, un roman inédit qui se qui se serait intitulé « Un cirque d’hiver » ou peut-être, prémonitoire ment, « Impasse de l’avenir ». A Belleville, mon propriétaire m’a viré, ça faisait décidément beaucoup. Le vide a fini par m’atteindre de sa grâce. »
Adieu le temps des cerises et des pétroleuses psychanalysées. Il y a toujours un moment où il faut rentrer chez soi, même quand on ne sait pas où où ça se trouve. Ramenac, ça tombait bien, n’était à peu près nulle part. Alain Chany, transhumant rimbaldien, s’est fondu dans le décor avec des souplesses et des placidités de berger laineux. La rage au cœur, le dépit prêt à flamboyer, loin des gentils squatters de ruines qui dégustaient du chien andalou au festival d’Avignon tandis qu’il bouffait de la vache enragée. C’est ce retour, tout en humilité féroce sous le tic-tac de la vieille horloge, qu’il raconte dans « Une sécheresse à Paris » où le couteau a retrouvé la lame et nous gratifie d’un festin de propos et de considérations taillées d’un Laguiole, garanti pure corne, d’un phrasé exact et sûr, fort rare dans la littérature moderne. Mes maîtres arvernes s’en régaleront, dans l’ombre où se mobilisent et s’attroupent déjà leurs nombreux fantômes, Vialatte, Pourrat, Blondin. « Bien attendu, Antoine Blondin, à qui j’étais lié par une solide amitié de comptoir – ou plutôt une liquide fraternité -, n’était pour rien dans ce qui m’était arrivé. Il n’avait pas ouvert le cahier que je lui avais remis, et qui m’aurait plutôt découragé d’écrire, en parrain sincère qu’il était. J’étais tout disposé à l’entendre. Sur le plan culturel, Carlsberg et Heinecken étaient déjà mes philosophes préférés. »
Les savants sont inquiets, les moralistes sont en grève, les philosophes sont en panne : les temps seraient durs, si un expert encore jeune et revenu de toutes les débâcles ne nous initiait à la maïeutique du blaireau, façon de yoga cavernicole qui consiste, tout en travaillant le moins possible à l’édification du socialisme, à rentrer dans son trou quand tout s’agite autour de vous, , à dormir quand il gèle, à ne pas se lancer dans le commerce et à puer à volonté en sorte d’épouvanter l’huissier à tête de fox.
« Avec de la patience dans l’observation, j’aurais pu devenir un honnête poète de la tomme de chèvre. Je me console en songeant que si les Hollandais viennent nous voir, dans leur tourisme barbare d’amateurs de pâte molle, c’est que nous sommes beaux et qu’ils sont riches. A leur façon, ils nous félicitent de savoir maintenir ces différences qui justifient leurs déplacements. Voyez le décor historique où je me cache. C’est ma manière d’être fidèle. J’aurais pu être un bon mystique, je crois. La vie m’apparaît si précieuse et fragile que je n’ose y toucher. Je retiens ma respiration, je retiens ma plume. Je me retiens. En somme, je souffre de rétention. »
Vingt ans sans un mot, c’est quand même un bail. « J’étais fait pour être cactus au Jardin des Plantes. Je me verrais bien sous une véranda délabrée. Le Muséum, voilà un endroit que j’adore ! Sa tranche de séquoia bimillénaire, sa statue de Lalarck, sa chaisière, sa tortue géante qui voit passer d’un œil lent son deux cents millionième visiteur, son rayon de singes, le de marrant au cul rouge, de macaque à tête noire, je ne m’en lasse pas. J’ai la compétence animalière, j’aurais pu fonder l’évolutionnisme, ça m’aurait fait une belle jambe de bronze. Une fois, j’ai failli m’assoir trois jours pour un public assez maigre mais subjugué.  » Voilà donc à quoi rêvent les bergers sur la montagne, en regardant fondre  sans broncher sur le troupeau quelques espèces protégées de Bruxelles, le lynx ou l’aigle qui sont les gaietés de la vie pastorale. « Il m’arrive de penser à Paris comme à un endroit où je pourrais respirer à nouveau.. Je suis là, je me retourne vers les rochers, vers les bêtes, les forêts et je me dis : où est l’humanité ? C’est toi, l’humanité. C’est à cause de cette solitude que j’écris à la première personne. » Nul saumon ne remonte plus l’Allier. Nul passager ne descend du Paris-Nîmes. Pourtant, dans la vallée, le train continue de s’arrêter, et la station salmonicole  à filmer en continue une remarquable absence de poisson migrateur. Ramenac est une basse-cour qui a l’air de savoir des fables, et la jument s’appelle Bibiche. »

* allobroges : habitants de l’ancienne Gaule
** orographe : spécialiste de l’orographie, étude et représentation des reliefs terrestres.
*** aphorisme : sentence énoncée dans un énoncée concis (ex. : « Si j’avais à choisir entre une dernière femme et une dernière cigarette, je choisirais la cigarette : on la jette plus facilement ! » « L’amour est aveugle et sa canne est rose. » « La connerie, c’est la décontraction de l’intelligence. »

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/alain-chany-portrait-et-fragments-127000

http://www.ina.fr/video/CPC93008694

Mai 2017

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Site de la mairie d’Alleyras

Des infos pratiques sur la commune d’Alleyras avec le site de la mairie : http://alleyras.fr/
Allez-y faire un tour en cliquant sur les onglets du menu et délectez-vous avec les photos de ce petit paradis.

 

Avril 2017

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Rencontre entre gem

Ce vendredi 28 avril 2017, il est 17 H 45 au moment où j’écris, ce que je fais tant que ma mémoire reste fraîche.
Je viens tout juste de rentrer d’une sortie en Lozère avec quelques adhérents du groupe du Puy-en-Velay.
Car une rencontre inter-gem organisée par le gem Modestine de Langogne et Florac réunissait dans la salle polyvalente langonaise une douzaine de structures associatives sensiblement équivalentes. Elles venaient de divers départements : Ardèche, Cantal, Gard, Haute-Loire, Lozère, Puy-de-Dôme.
Étaient présents les groupes d’entraide mutuelle suivants :
- Ardèche avec l’Albatros d’Aubenas
- Cantal avec le gem du pays d’Aurillac
- Gard : l’Émeraude d’Alès et l’Epiphyte de Nîmes
- Haute-Loire avec le gem Galaxie du Puy-en-Velay
- Lozère avec ceux Modetine de Langogne et Florac et aussi avec ceux de Mende et Marvejols
- Puy-de-Dôme avec les gem Les Dômes d’Issoire,Beaumont, Cournon et le gem Avenir qui accueille des personnes cérébro-lésées.

Les Lozériens initiateurs de cette journée avaient organisé la rencontre autour de tables  axées sur un thème :
- table 1 : Comment vivez-vous votre gem ?
- table 2  : Les activités
table 3 : La gouvernance des gem
- table 4 : L’arrêté de 2016
- table 5 : Les partenaires, les réseaux
- table 6 : Ouverture, autonomie, vie quotidienne
- table 7 : sports, loisirs

J’ai laissé mes coordonnées aux organisateurs qui doivent m’envoyer les bilans de chaque table.
Pour ma part, j’étais surtout sur la table 3. Les discussions étaient on ne peut plus intéressantes. J’ai été informée d’une foule de faits que j’ignorais, comme l’existence de l’arrêté de 2016 que je lirai attentivement,  la prise de pouvoir des organismes gestionnaires sur les gem, le manque de démocratie en leur sein,  la confiscation fréquente des prérogatives des adhérents,  l’existence de l’UNCF (union nationale des gem de France)…

Je regrette que ces échanges se terminent à midi et je suis frustrée de n’avoir participé qu’à une petite partie de ces entretiens si éclairants.

Le repas comportait salade verte, aligot, salade de fruits, gâteaux. Il m’a permis une consolidation de mes rencontres et des précisions sur les sujets qui me préoccupaient.

Un groupe de musiciens animait ensuite des danses folkloriques auxquelles participait le public présent.

Merci à toutes les  Céline rencontrées, à Nathalie, à celles et ceux avec lesquels j’ai discuté.

Photo d’une Céline de Modestine

Avril 2017

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