La vieillesse

Texte de Philippe Noiret
Il me semble qu’ils fabriquent des escaliers plus durs qu’autrefois. Les marches sont
plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux
marches à la fois. Aujourd’hui, je ne peux en prendre qu’une seule.
A noter aussi les petits caractères d’imprimerie qu’ils utilisent maintenant. Les
journaux s’éloignent de plus en plus de moi quand je les lis : je dois loucher pour y
parvenir. L’autre jour, il m’a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les
chiffres inscrits sur les fentes à sous.
Il est ridicule de suggérer qu’une personne de mon âge ait besoin de lunettes, mais
la seule autre façon pour moi de savoir les nouvelles est de me les faire lire à haute
voix, ce qui ne me satisfait guère, car de nos jours les gens parlent si bas que je ne
les entends pas très bien.
Tout est plus éloigné. La distance de ma maison à la gare a doublé, et ils ont ajouté
une colline que je n’avais jamais remarquée avant.
En outre, les trains partent plus tôt. J’ai perdu l’habitude de courir pour les attraper,
étant donné qu’ils démarrent un peu plus tôt quand j’arrive.
Ils ne prennent pas non plus la même étoffe pour les costumes. Tous mes costumes
ont tendance à rétrécir, surtout à la taille.
Leurs lacets de chaussures aussi sont plus difficiles à atteindre.
Le temps même change. Il fait froid l’hiver, les étés sont plus chauds. Je voyagerais,
si cela n’était pas aussi loin. La neige est plus lourde quand j’essaie de la déblayer.
Les courants d’air sont plus forts. Cela doit venir de la façon dont ils fabriquent les
fenêtres aujourd’hui.
Les gens sont plus jeunes qu’ils n’étaient quand j’avais leur âge. Je suis allé
récemment à une réunion d’anciens de mon université, et j’ai été choqué de voir
quels bébés ils admettent comme étudiants. Il faut reconnaître qu’ils ont l’air plus poli
que nous ne l’étions ; plusieurs d’entre eux m’ont appelé « monsieur » ; il y en a un
qui s’est offert à m’aider pour traverser la rue.
Phénomène parallèle : les gens de mon âge sont plus vieux que moi. Je me rends
bien compte que ma génération approche de ce que l’on est convenu d’appeler un
certain âge, mais est-ce une raison pour que mes camarades de classe avancent en
trébuchant dans un état de sénilité avancée ? Au bar de l’université, ce soir-là, j’ai
rencontré un camarade. Il avait tellement changé qu’il ne m’a pas reconnu.
Février 2018

 

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Les soirées cinéma chez Louise et Albert Archer

C’est Patrick Duvar, qui publie sur la page du groupe Facebook d’Alleyras, qui m’a donné l’idée d’écrire ce texte.
Patrick  parlait dans sa publication d’un incendie dans son jeune âge du côté du Bouchet où il se trouvait en vacances.
Comme il écrit lui-même -et fichtrement bien-, ce que j’ai récemment découvert, il faut que je m’applique encore plus.
D’autant qu’il a une maison dans le village de Pont d’Alleyras, une découverte supplémentaire pour moi.

Mon oncle Albert Archer et sa femme Louise habitaient Pont d’Alleyras où ils avaient fait construire une grande maison photographiée à droite.
Ils sont morts depuis longtemps et enterrés dans leur caveau, au cimetière d’Alleyras.

Cette demeure servait non seulement d’habitation de la famille mais encore de bistrot-hôtel-restaurant tant il y a de pièces. Ma tante Louise y tenait en plus un bureau de tabac.
Mon oncle Albert qui faisait aussi marchand de bois et fermier, s’occupait des vaches dont l’écurie et la grange  jouxtaient l’hôtel. Il possédait en plus de ses vaches d’un couple de bœufs. Cette possession était signe de richesse à l’époque.
Le couple était connu pour être gros « bosseur ». C’est vrai qu’il travaillait énormément.
Quand j’étais enfant, je suis née en 1952, il y avait parfois bal dans la grande salle du restaurant. Un juke-box y était installé : on y glissait une pièce de monnaie dans la fente prévue, on sélectionnait les morceaux choisis en appuyant sur les boutons adéquats… Les disques se mettaient ensuite automatiquement en marche. Il s’agissait de 45 tours.Belle mécanique qui captivait mon attention et dont je suivais, émerveillée par ses rouages, le fonctionnement qu’une simple pièce avait pu mettre en branle.
Les chansons à sélectionner étaient loin d’être ringardes. Sans doute mon cousin Yves devait-il les choisir. Ou Mireille.
Et puis, de temps en temps, une séance de cinéma y avait lieu. J’étais prévenue par l’affiche posée devant la maison. Elle avait lieu évidemment un soir. Mais lequel était-ce ?
Un projectionniste arrivait avec son matériel et plaçait les bobines dans son projecteur au fond de la pièce, face à l’écran.
Nous, le public, étions assis en rangs l’un derrière l’autre, installés expressément pour la séance.
Une des premières affiches que j’ai lue annonçait le titre : J’avais lu  « Les enfants sont à vendre ». Ceci en raison de la calligraphie utilisée pour le mot « pas »que vous pouvez constater ici. Il se devine plus qu’il n’apparaît explicitement. d’où ma confusion.
Affolée par cette lecture, et comme j’étais sûre de ne pas avoir été suffisamment gentille, je soupçonnais qu’on voulût se débarrasser de moi.
L’idée m’est donc venue qu’on allait me vendre. Cette affiche l’attestait, n’est-ce-pas ?
Mais il n’en fut rien. J’assistai en compagnie de mon oncle André à la projection dont l’annonce m’avait tant tracassée. Mais quel suspense !
Un autre soir de cinéma, et comme je l’ai dit en réponse à Patrick Duvar, le maire de l’époque, Raymond Cacaud, avait fait une annonce un soir d’été aux spectateurs d’un des films : » Tous les hommes valides présents doivent venir prêter main forte pour éteindre l’incendie ravageant les côtes de Gourlong au-dessus de la voie ferrée; il s’est déclaré après le passage du train ».
Peut-être une escarbille, un mégot jeté de la fenêtre »; »è pericoloso sporgersi », « il est dangereux de se pencher au dehors » lit-on sur les vitres du train.
Ici il eût fallu écrire : « il est dangereux de jeter un mégot de cigarette dehors ». La sécheresse estivale avait brûlé les côtes, une étincelle ne pouvait que provoquer un incendie.
Nous sommes tous sortis de la salle, préoccupés ou en partance vers Gourlong pour les hommes valides.
Je voyais la proximité des lueurs qui embrasaient la côte au et les fumées qui couvraient notre village.
Pour une soirée de cinéma, elle fut ratée !

Février 2018

 

 

 

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150 ans du Cévenol dans les gorges de l’Allier

Lu dans Volcan n°92 d’octobre-novembre 2017 signé Marc Gouttebroze pour article et photos.

Des liens forts existent entre notre pays du Haut-Allier et cette ligne historique, magnifique, qui pourrait être toujours de premier plan si le délégataire, la SNCF, et si l’autorité organisatrice, la région Rhône-Alpes, voulaient investir dans les grandes lignes qui irriguent et font respirer le pays.

Un peu d’histoire
En matière de génie civil, ce fut une des grandes réalisations du Second Empire : 304 km de long où l’on rencontre 106 tunnels, 47 ponts et viaducs, la plupart sur la section nord entre Prades, St-Julien-des-Chazes et Langogne, et côté sud entre La Levade, La Bastide et St-Laurent les Bains. Le tronçon de la ligne des Cévennes entre Villefort et Langeac fut inauguré le 16 mai 1870.
12 000 ouvriers furent embauchés pour effectuer e travail gigantesque, des toscans, des espagnols, des piémontais mais aussi des français, et nombre d’auvergnats et lozériens qui dormaient, dès les beaux jours, dans la nature ou sur la paille. Des centaines sont venus s’installer dans les villages bordant l’ouvrage. Certains sont restés et les gorges de l’Allier regorgent de leurs descendants.

Au cœur des gores sauvages
La ligne de chemin de fer traverse des paysages pittoresques, l’Allier coulant à travers un chaos de roches basaltiques et offre de  belles vues sur les villages qui dominent le cours de la rivière, avec les trois stations situées dans les gorges dont la plus au centre, Pont d’Alleyras.
Le train intercités Cévenol qui relie Paris à Marseille via Clermont-Ferrand et Nîmes ne s’était jamais arrêté dans cette gare. Mais depuis juillet 2017, il manque l’arrêt. Il y a aussi les Trains Express Régionaux qui le font avec quatre arrêts quotidiens depuis 2010, un seul auparavant. Une amélioration de la desserte à laquelle la forte mobilisation des usagers des transports du Haut-Allier n’est pas étrangère.
S’ajoutent à ces arrêts, durant l’été, ceux du train touristique des gorges, une initiative du SMAT du Haut-Allier, qui amène des milliers de touristes et les curieux à flâner à la découverte de fabuleux paysages avec plusieurs options comme par exemple celle d’une pause gastronomique.

Une ligne menacée et abandonnée par l’État
La ligne dans son ensemble mais plus sur notre partie enclavée est menacée car écartée depuis des décennies des plans du délégataire SNCF : trop coûteuse en entretien, explique-t-il. Devant l’insistance  de tous les acteurs économiques, des élus et des habitants, la ligne qui désenclave le Massif Central est maintenue à grands coups d’opération très coûteuses. Elles occasionnent des coupures annuelles, parfois de plusieurs mois et parfois en plein été, démotivant les usagers potentiels qui changent leurs habitudes. La SNCF cédera le 1er janvier 2018 le train Intercités à la région Occitanie qui en prendra la charge de Clermont-Ferrand à Nîmes. Ainsi l’entreprise nationale  se dégagera de tous les trains circulant sur la ligne. Elle supportera l’entretien des infrastructures mais pour combien de temps ? En compensation, tous les trains Intercités, et donc celui appelé Cévenol, seront remplacés par du matériel neuf d’Alstom : les Coradia Liner. Pour nous, ce sera fin 2018.

Une lutte permanente
Ligne pas assez rentable selon les technocrates parisiens, elle fait l’objet d’une grande vigilance de tous les acteurs du Haut-Allier, les élus, regroupés autour de l’Association des élus pour la défense du Cévenol, et les usagers, regroupés dans le collectif des usagers des transports du Haut-Allier. Ils sont bien les seuls, la nouvelle grande région Auvergne-Rhône-Alpes ne manifestant depuis deux ans aucun signe d’intérêt pour la ligne. Les deux organisations ont pourtant réussi à maintenir cet axe de vie essentiel. Ce train est soutenu par l’ensemble de la population locale et même au-delà !
https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lozere/cevennes/train-cevenol-fete-ses-60-ans-reprend-du-service-893273.html

Janvier 2018

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Ma tante Maria

Elle s’appelait Maria Mathieu et c’était une très gentille dame, vraiment très gentille. C’était la sœur cadette de mon père.
La fratrie se composait de deux garçons, l’aîné étant mon père Albert suivi de son frère Raymond et la dernière née était donc Maria. On  voit la fratrie avec de gauche à droite : mon père Albert, Maria et Raymond qui devaient avoir une vingtaine d’années ou un peu plus.
Le drame qui advint fut la mort subite de leur mère dans les toutes  jeunes années des enfants, Maria n’étant alors pas plus haute que trois pommes. Se souvenait-elle de sa mère, je n’en suis pas sure…
Le père Prosper s’est remarié mais une mère ne se remplace pas en principe. Je me souviens que mon père, qui n’avait rien contre elle, l’appelait cependant sa marâtre en l’évoquant.
La famille habitait une maison dans le hameau de Fonfreyde que voici à droite, près de Saint-Jean-Lachalm. Il s’agissait d’une petite ferme avec un étage. A droite, la cuisine , pièce principale et essentielle contenait un fourneau, un vaisselier de bois et un lit clos fermé par deux portes, sorte d’armoire inamovible dans laquelle dormaient les enfants. A l’étage, l’unique chambre était réservée au couple des parents.
A gauche, l’écurie en bas était surmontée de la grange.
Maria a épousé Pierre et ils ont habité tout près de Fonfreyde, à Belvezet où ils étaient  paysans. Ils ont donné naissance à quatre enfants : Denise, Michèle, Jean-Pierre et Anne-Marie.
Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup aller chez Maria et Pierre : j’appréciais leur simplicité, leur naturel, leur affection, leur authenticité, leur naturel et la sincérité de leur accueil. En un mot, je me sentais à l’aise chez eux. Je n’aime pas les gens qui pètent plus haut que leur cul comme je l’ai souvent constaté. Or, c’était tout le contraire chez les Mathieu.
La tante Maria était accueillante, elle se mettait en quatre pour me faire plaisir : elle battait un peu de crème de la traite en chantilly, râpait dessus du chocolat en copeaux et m’offrait ce breuvage que je savourais. J’adorais les fromages qu’elle fabriquait puis vendait place du Plot. Un vrai régal !
Et puis, j’aimais bien nos conversations franches et sans circonvolutions oiseuses, simples.
Dans cette famille, on s’aimait avant tout. Belle leçon d’amour et de simplicité.

Janvier 2018

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2018

Je vous souhaite une très, très, très bonne année et que ça dure !
https://www.youtube.com/watch?v=9ak2gPiekDg

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Madame Vincent

Le 3 novembre 207 avait lieu l’enterrement à Alleyras de Madame Marie Vincent née Page. Elle était une figure de Pont d’Alleyras.
Sa fille cadette, mon amie Dédée, m’a laissé ce texte écrit par sa  belle-fille Nadette et qui a été lu durant la cérémonie religieuse à l’église Saint-Martin.

« Une page vient de se tourner à Alleyras. Marie VINCENT, née PAGE, la centenaire de la commune, s’en est allée paisiblement à la maison de retraite de Brioude. Dire que sa vie fut bien remplie est un doux euphémisme.
Née le 17 juillet 1913 à Freycenet près de Saugues, elle participa aux travaux agricoles avec sa mère et ses grands parents pour pallier l’absence de son père parti à la guerre de 1914-1918 d’où il revint gazé et très affaibli.
Dès son adolescence, elle fut placée comme on disait, et ce fut pour travailler à Chanteuges où elle rencontra un jeune facteur, Baptiste Vincent, qui devint son époux.
Ils arrivèrent à Pont d’Alleyras en 1946.
Hélas, en 1950, Baptiste fut victime d’un accident ferroviaire. Détail navrant, ils étaient parents de six enfants et attendaient le septième.
Les villageois et la famille furent pleins de sollicitude mais il fallait aller de l’avant.
Elle empoigna sa canne de marche pour acheminer le courrier vers Vabres, Sanis et Pourcheresse malgré les intempéries et la difficulté du trajet.
Les journées n’étaient pas terminées pour autant : travail à la maison ainsi qu’à l’hôtel Sardier et autres. Il y avait huit bouches à nourrir mais les assiettes ne furent jamais vides. Sans doute dut-elle se priver plus souvent qu’à son tour mais l’amour de ses enfants lui fut un ressort à dépasser les montagnes.
Elle dut aussi vivre de longues périodes d’angoisse pour trois de ses fils partis servir sous les drapeaux en Algérie. Aucun n’a bénéficié d’une mesure de soutien.
Elle eut encore la grande peine de perdre son fils Roger à 38 ans et son gendre Jean-Paul. Après avoir été cruel plus d’une fois, le destin lui réserva toutefois une longue et heureuse arrière-saison qui se poursuivit à Pont d’Alleyras jusqu’à ses 94 ans. Mais ce fut un crève-cœur de quitter son pays d’adoption.
Au soir de sa vie, à la maison de retraite Saint-Dominique à Brioude, elle fut une pensionnaire tenue en estime. Les visites très fréquentes de ses enfants et petits-enfants la revigoraient, sans omettre les bonjours réitérés des compatriotes du Pont qui ne l’avaient pas oubliée. Il faut dire qu’elle ne manquait pas de s’enquérir des nouvelles du village ! Elle avait fait partie si longtemps de la vie de la commune !
Peu préoccupée d’entretenir l’idée que sa vie puisse se prolonger encore, considérant qu’elle avait fait plus que son temps, elle avait abordé sa cent cinquième année avec moins d’allant. Il est des chemins de vie qui empruntent des pentes bien raides. Marie gravit le sien, pas à pas, sans se retourner. Sa seule fierté fut que ses enfants aient une situation et soient propriétaires de leur maison.
La mort n’a pas de sens si elle n’est qu’une fin : Marie VINCENT, un nom qui sonnait franc et clair et qui lui allait bien. Son parcours édifiant aura été une formidable leçon de vie. Elle n’aurait, de toute évidence, pas aimé qu’on la qualifiât ainsi, mais à sa manière, bien loin des trompettes de la notoriété, elle fut une femme d’exception.
Que la terre d’Alleyras, aux côtés de son fils Roger, soit légère à son sommeil éternel. »

Ses petits-enfants ont témoigné de leur grand-mère dans ce message.
Mémé,

Tu étais notre Mémé du Pont. Que de souvenirs nous avons, nous tes petits-enfants, dans ta maison du Pont d’Alleyras !
Des batailles de polochon et d’oreillers pour les plus grands, les jeux dans les wagonnets et la vieille draisine derrière la gare pour les autres, les bottes de foin dans le vieux bal près du château d’eau pour les plus jeunes.
Nous n’avons pas oublié les grandes tablées les jours de vogue avec les pommes de terre au four que toi seule savais faire aussi bonnes; sans oublier le civet de lapin qui embaumait jusque dans la rue et qui faisait dire aux passants : »ça sent bon chez vous madame Vincent. »
Et que dire des succulentes tartes aux pommes !
Malgré toutes les épreuves endurées, tu n’étais pas une personne triste, tu aimais plaisanter et rire et même prendre parfois des fous-rires avec nous.
L’été, tous ensemble, c’était baignade tous les jours, avec notre bateau gonflable, nous descendions l’Allier depuis la Varenne jusqu’au Pont où nos pères venaient nous récupérer – jusqu’au jour où le bateau s’est crevé !
Et l’hiver, les parties de luge au Pasturaou et dans le pré de Favier.
Merci du fond du cœur, Mémé du Pont, pour tout ce que tu nous a donné et apporté, ce n’était pas les gros cadeaux pour Noël ou les anniversaires mais c’était tellement mieux !
Nous, tes petits-enfants, nous ne t’oublierons jamais ! »

Décembre 2017

 

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Dragonnier des Canaries (Dracaena draco)

Le 24 décembre 2017, mon fils Olivier et sa famille, partis pour quelques jours aux Canaries, ont visité un jardin dans lequel ils ont vu cet arbre endémique, d’où mes recherches… C’était un dragonnier.
Le célèbre dragonnier des Canaries de Icod de los Vinos sur l’île de Tenerife à gauche.

Le dragonnier des Canaries (Dracaena draco), ou dragonnier commun, est une plante arborescente monocotylédone  de la famille des Liliacées.
Il a l’allure d’un grand parasol  qui lorsqu’il est âgé, peut atteindre plus de 20 m de hauteur, avec un large pied évasé portant un houppier très touffu, en forme de calotte sphérique d’une vingtaine de mètres de diamètre, soutenu par un réseau dense de branches entrelacées.

De toute blessure ou incision, s’écoule une résine rouge, connue sous le nom de sang-dragon . Utilisée comme matière médicale depuis l’Antiquité, elle était très prisée et vendue très chère. La source canarienne s’est tarie au XIXe siècle.

Les populations sauvages sont en déclin depuis longtemps, l’espèce est sur la liste rouge des espèces en voie de disparition.

Situé au Nord de l’île de Tenerife, à Icod de Los Vinos, le parc du Drago est un lieu emblématique édifié autour de cet arbre symbole : « El Drago ».

El drago : plus qu’une plante, une légende
Déclaré monument national en 1917, le Drago (Dracaena Draco Canariensis) est le centre d’intérêt principal du « Parque del Drago » crée en 1996 pour protéger l’arbre des voitures et du vandalisme.
Emblématique et légendaire, il serait plusieurs fois millénaire mais personne ne connaît vraiment son âge, cependant il est estimé entre 800 et 1000 ans. D’une hauteur de 20 mètres pour un diamètre de plus de 10 mètres, il posséderait plus de 300 branches. Il fait l’objet de nombreuses attentions, un ventilateur a même été placé dans la cavité au centre de son tronc afin de faire circuler l’air et ainsi éviter le risque de diverses attaques cryptogamiques.
Ce spécimen unique et endémique de l’île est entouré de sujets de tailles plus modestes, nommés « les gardiens du Drago ». Ces dracaenas ont pour intérêt de représenter les diverses phases de croissance de l’arbre et de montrer son évolution au fil des années.

Un parc autour d’une plante légendaire :
Les trois hectares à flanc de colline qui composent le parc sont peuplés d’une flore typique mise en scène tout au long de petits sentiers botaniques. Certains végétaux qui le composent on un intérêt alimentaire, d’autres culturel, ou encore traditionnel.
Tenerife est le berceau de nombreuses plantes endémiques aux Canaries ; on compte environ 140 espèces originaires de cette île. Généralement xérophiles, elles sont adaptées aux conditions climatiques spécifiques de l’île et à son sol volcanique. Parmi elles, des plantes grasses comme les Aéonium canariense ou tabuliformis et l’Euphorbia canariensis qui ressemble à un grand cactus colonnaire mais qui est reconnaissable à son latex blanc. On trouve aussi de nombreuses variétés d’opuntias naturalisées ici, dont les raquettes couvertes d’aiguillons blancs, jaunes ou bruns, se parent d’une splendide floraison aux coloris éclatants.
De petites plantes basses peuplent aussi cet univers aride, c’est le cas du genet du Teide (Spartocytisus supranububius), du genévrier des Canaries, du cytise du pic (Adenocarpus viscosus) ou encore la gracile Marguerite du Teide (Argyranthemum teneriffae).
Parmi les plus imposantes, la vipérine rouge dressant fièrement sa longue hampe florale ou le Phoenix canariensis, palmier devenu célèbre sur la côte d’Azur mais pourtant bien originaire des îles Canaries.
Plus haut dans le parc, il est possible de découvrir des anciennes grottes troglodytiques occupées autrefois par les habitants de la région. Des vestiges d’une momie y seraient même présents.

25 décembre 2017

 

 

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Pourquoi cetaines carottes sont-elles droites et d’autres tordues

Au supermarché, toutes les carottes sont bien droites, idéalement et identiquement  formées; ce n’est pas le cas de celles que je cultive dans mon jardin.
Certaines sont tordues et fourchues, différentes. Pourquoi ?
Car le sol contient des cailloux que contournent les carottes, d’où leur racine biscornue. Des gestes maladroits, un éclaircissage trop tardif modifient aussi leur croissance.
Sachez que les jeunes carottes ont des racines très fragiles.
https://duckduckgo.com/?q=carotte&t=ffab&iax=videos&ia=videos&iai=1GR81MWrgXo

Décembre 2017

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Empoisonneuse et parricide

L’affaire Violette Nozière a déchaîné les passions et  défrayé la chronique dans les années 1930.  Née en 1915 et décédée en 1966, cette jeune parricide  fut condamnée à mort par la cour d’assises le 12 octobre 1934 à Paris, peine commuée par le président de la République Albert Lebrun en travaux forcés à perpétuité.
Le 6 août 1942, le maréchal Philippe Pétain réduisit la sentence à douze ans.
Elle fut finalement libérée le 29 août 1945, puis graciée par le général de Gaulle  le 17 novembre suivant. La cour d’appel de Rouen rendit un jugement exceptionnel dans les annales de la justice française concernant l’auteur d’un crime de droit commun qui avait été condamné à la peine capitale, en prononçant la réhabilitation de Violette Nozière le 13 mars 1963. Cette affaire criminelle connut un grand retentissement en France et, de par son impact médiatique jusqu’à nos jours, est devenue un fait de société.
Violette Nozière venait régulièrement à Prades, dans la vallée de l’Allier, d’où était originaire son père. Elle y fit un séjour au printemps 1933, quelques semaines avant le parricide…
Son père, Baptiste Nozière, mort empoisonné  par sa fille, était né à Prades. Petit-fils de cultivateurs, fils de boulanger, il avait quitté le domicile familial à l’âge de 16 ans. Ayant appris la mécanique, il était entré comme ajusteur à la Compagnie des  chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM).
Chauffeur puis mécanicien de rapide, il ne ne partit pas sur le front, la guerre le maintint dans ses fonctions.
En 1915, à trente ans, il était dans la force de l’âge.
Violette venait régulièrement en vacances à Prades. Sa première tentative  d’empoisonnement eut lieu en mars 1933et avorta faute d’un dosage suffisant. La  seconde en août fut fatale à son père. Sa mère ne dut la vie qu’à l’absorption de la moitié du contenu de son verre.

D’après La Haute-Loire secrète, n°hors-série l’éveil, novembre 2017

Décembre 2017

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Jean d’Ormesson

La voix de Jean-Jacques Bourdin sur R.M.C. m’annonce ce matin la mort de Jean d’Ormesson, ce grand monsieur malicieux et rieur, académicien depuis quarante ans. Jean Ferrat l’avait chanté en son temps, souvenons-nous :  https://www.youtube.com/watch?v=qfsoQfhXeeA
Le journaliste l’avait interviewé le 8 janvier 2016. Interview que j’ai retrouvée  http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/jean-d-ormesson-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-730921.html
Rencontre insolite que celle de l’écrivain et de Joey Starr : https://duckduckgo.com/?q=jean+d%27ormesson+jpey+star&t=ffab&ia=videos&iax=videos&iai=3mPmIH37l1k
Il était aussi passé sur le divan de Marc-Olivier Fogiel. Ayons une pensée pour ce prince de la littérature https://www.france.tv/france-3/le-divan-de-marc-olivier-fogiel/352923-emission-du-jeudi-7-decembre-2017.html
Irremplaçable Jean d’Ormesson, décédé durant la nuit de lundi  décembre 2017 à mardi 5  à l’âge de 92 ans, qui laisse déjà comme un vide. Force est de constater que son œuvre (plus de quarante romans) a largement marqué l’histoire de la littérature française.
Mais pas seulement : sa verve, inimitable, a aussi marqué le grande public. Il faut dire que nous parlons là d’un homme érudit qui maîtrisait l’art de faire la conversation. Pédagogue, drôle, élégant et jamais pédant. À lire aussi
http://www.rtl.fr/culture/medias-people/videos-jean-d-ormesson-les-6-meilleurs-passages-tele-du-romancier-7791266013

Décembre 2017

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