Des fenêtres captivantes


Venant d’Espaly à pied, je me rends chaque lundi au centre Roger Fourneyron pour y suivre un cours de yoga. Chemin faisant, j’ai le bonheur de voir chaque fois un tableau curieux, changeant, envoûtant  et particulièrement esthétique : celui de la façade d’une petite maison située au du bout de la rue ou du Pallet, à gauche, avant d’entrer sur la place Cadelade sur la droite. Je marque un temps d’arrêt, à l’aller comme au retour pour m’imprégner et me délecter du spectacle qui m’est offert.
Cette façade, celle d’un particulier, présente des fenêtres au premier étage et à celles du dessus, sur les appuis desquelles sont harmonieusement disposées des succulentes et cactées en pots.  Ces succulentes autrement nommées grasses, dressées ou retombantes, fleuries ou non suivant les saisons, sont du plus bel effet. Lorsque je contemple ce cadre, je distingue les raquettes épaisses, épineuses et elliptiques que forment les figuiers de Barbarie placés dans des pots en zinc; ceux-ci  sont particulièrement grands et contiennent des sujets sûrement âgés. Se  trouvent aussi ici des retombantes aux longues ramures brunes et pendantes en forme de pendeloques suspendues à une tige principale. Ce bouquet aérien déploie sa ramure en forme de toile d’araignée comme le ferait un cerf pourvu de bois qui tiendrait sa tête en bas. Des euphorbes à grosses fleurs rouges dressent çà et là leurs hautes tiges charnues.
Les cactus cierge donnent à l’ensemble un petit air de désert mexicain et de Lucky Luke en vadrouille tandis que les cactus boules mettent ici une note de rondeur.
Je ne connais pas l’habitant ce ces lieux et je ne peux que  laisser libre cours à mon imaginaire, mais il me plaît à croire qu’il s’agit plutôt d’une femme au choix des rideaux tendus, blancs et crochetés en forme de X. En effet, seule une femme afficherait au bord de sa fenêtre une coquetterie si raffinée qu’elle se permettrait de la dévoiler ostensiblement à la vue des passants, un peu attirés et un peu voyeurs comme moi. Il suffit de lever la tête ! Ou alors, serait-ce l’œuvre d’un homme efféminé au point d’exhiber son si joli intérieur à l’extérieur ? Car toutes ces plantes sont gélives et disparaissent dans la maison dès les débuts des frimas. Elles se mettront à la fenêtre dès la venue du prochain printemps.
A ma connaissance, l’office du tourisme du Puy-en-Velay ne mentionne pas aux promeneurs et touristes cet arrêt dans la ville, le temps de savourer ce tableau vivant et insolite car inattendu des fenêtres et de leurs appuis. Puisse cette photographie faire prendre conscience aux ponots qu’un patrimoine particulier bénéficie à tous les promeneurs et enrichit notre ville par la beauté mise  à la fenêtre.

Septembre 2015


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