Ma tante Maria

Elle s’appelait Maria Mathieu et c’était une très gentille dame, vraiment très gentille. C’était la sœur cadette de mon père.
La fratrie se composait de deux garçons, l’aîné étant mon père Albert suivi de son frère Raymond et la dernière née était donc Maria. On  voit la fratrie avec de gauche à droite : mon père Albert, Maria et Raymond qui devaient avoir une vingtaine d’années ou un peu plus.
Le drame qui advint fut la mort subite de leur mère dans les toutes  jeunes années des enfants, Maria n’étant alors pas plus haute que trois pommes. Se souvenait-elle de sa mère, je n’en suis pas sure…
Le père Prosper s’est remarié mais une mère ne se remplace pas en principe. Je me souviens que mon père, qui n’avait rien contre elle, l’appelait cependant sa marâtre en l’évoquant.
La famille habitait une maison dans le hameau de Fonfreyde que voici à droite, près de Saint-Jean-Lachalm. Il s’agissait d’une petite ferme avec un étage. A droite, la cuisine , pièce principale et essentielle contenait un fourneau, un vaisselier de bois et un lit clos fermé par deux portes, sorte d’armoire inamovible dans laquelle dormaient les enfants. A l’étage, l’unique chambre était réservée au couple des parents.
A gauche, l’écurie en bas était surmontée de la grange.
Maria a épousé Pierre et ils ont habité tout près de Fonfreyde, à Belvezet où ils étaient  paysans. Ils ont donné naissance à quatre enfants : Denise, Michèle, Jean-Pierre et Anne-Marie.
Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup aller chez Maria et Pierre : j’appréciais leur simplicité, leur naturel, leur affection, leur authenticité, leur naturel et la sincérité de leur accueil. En un mot, je me sentais à l’aise chez eux. Je n’aime pas les gens qui pètent plus haut que leur cul comme je l’ai souvent constaté. Or, c’était tout le contraire chez les Mathieu.
La tante Maria était accueillante, elle se mettait en quatre pour me faire plaisir : elle battait un peu de crème de la traite en chantilly, râpait dessus du chocolat en copeaux et m’offrait ce breuvage que je savourais. J’adorais les fromages qu’elle fabriquait puis vendait place du Plot. Un vrai régal !
Et puis, j’aimais bien nos conversations franches et sans circonvolutions oiseuses, simples.
Dans cette famille, on s’aimait avant tout. Belle leçon d’amour et de simplicité.

Janvier 2018

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Une réponse à Ma tante Maria

  1. Anne-Marie MATHIEU dit :

    Merci, Viviane,
    Tu as fait un magnifique portrait de Maman,
    elle serait heureuse et fière,
    comme je le suis à lire ce que tu dis d’elle.
    Maman quand elle parlée de toi c’etait toujours
    avec affection et bienveillance.

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