Ma mère Jeanne Archer-Rousset n’est plus

Ma mère récemment à l’UHR (unité d’hospitalisation renforcée)

Jeanne est morte mercredi 26 septembre 2018 à 11H45 à l’UHR Les Patios du Velay de l’hôpital Émile Roux du Puy-en-Velay. Une tumeur envahissante au pancréas a eu raison d’elle.
Son inhumation a eu lieu lundi premier octobre 2018 au cimetière d’Alleyras où son cercueil a rejoint le caveau familial dans lequel reposent les derniers défunts des familles Archer, Rousset et Couprie. Ce sont par ordre décroissant : Victorine Archer, André Archer, Albert Rousset, Jean Couprie, Simonne Couprie, Jeanne Roussset.
Jean Fayard, officiant laïc, présidait la cérémonie en l’église et au cimetière. J’en ai apprécié la simplicité.
Lui, serge et moi avions préparé ensemble ce moment.

Grand merci à tous ceux qui sont venus accompagner ma mère dans cet ultime au revoir.
Voici les textes qui ont été lus à cette occasion.

1. Texte de Viviane dit par Clovis :
Jeanne Archer naquit le 30 mars 1926 dans la maison familiale à Saint-Préjet-d’Allier, cette même maison où mourut son père Jean Pierre Archer neuf mois après sa naissance. Sa sœur Simonne avait alors un peu plus de trois ans.
Sa mère que beaucoup appelaient « La Victorine » devenue veuve bien jeune partit s’installer à Pont d’Alleyras avec ses deux petites et fit construire une maison où elles grandirent.
Elles fréquentèrent la classe laïque de Madame Viala. Puis, Jeanne suivit sa sœur pour aller en pension à Langogne. C’était alors la deuxième guerre mondiale et la cantine a eu raison d’un quelconque goût de Jeanne pour les pois chiche dont on a souvent entendu parler accompagné d’une mimique faciale déformée.
Mais elle fit des cours ménagers et surtout de couture qu’elle suivit là bas, un domaine où elle excellait ; elle le portait sur elle au quotidien, à qui n’ont pu échapper ses ensembles jupe / veste et ses tricots, et elle recevait son entourage autour de napperons au crochet et serviettes brodées. Elle fabriqua même quelques temps des mouches pour la pêche.
Elle partit habiter avec son mari Albert Rousset à la Grand-combe en 1973 pour y travailler.
Quand la Victorine mourut en juin 1976, année de sécheresse, Jeanne hérita de la maison de Bel’Air qu’elle fit restaurer et moderniser avec l’aide de son mari. Elle y passait les six mois de belle saison et regagnait le Gard les jours froids. Et quand Albert mourut le 30 décembre 1990, elle continua de venir seule à Bel’Air via le Cévenol
Très travailleuse et débrouillarde, elle cultivait son jardin et participait à la préparation des repas du four de la Planche où elle adorait aller. Elle faisait partie du club du 3ème âge d’Alleyras. Elle a fréquenté le Couvige d’Alleyras où elle se sentait bien.
Les années d’une vie passèrent jusqu’à mars 2017 où la maladie arriva.
Sa mémoire fut touchée, sa belle indépendance et son autonomie aussi, son énergie en prit un coup. Elle rejoignit définitivement Bel’Air et continua son chemin non sans quelques aides pour surmonter les embuches dont celle de Corinne Basset au quotidien.
Malheureusement, une mauvaise grippe la toucha en avril 2018 ; ses capacités cognitives jusque là maintenues se dégradèrent encore ; elle entra à l’hôpital. Une tumeur du pancréas foudroyante écourta son séjour. Elle a fini sa vie à l’UHR de l’hôpital Émile Roux entourée et bien soignée.

2. Texte écrit et lu par Alice :
M’oiselle Jeanne qu’on se souvient dessinée par ses mollets fins de jardinière.
Madame Jeanne dynamique et oxygénée du Bel Air au Pont, qui savait aussi faire ses vêtements, et les nôtres, ça c’est son dernier gilet pour moi.
Mamie Jeanne selon Félix et pour Clovis et moi, également cuisinière de la pintade pommes de terre haricots verts et de la sauce huile moutarde vinaigre au fond du saladier avant d’y mettre la salade Sucrine, et de l’île flottante au caramel, et de la confiture de framboise un peu trop cuite, et des fraises au sucre…
Mamie gâteau et son escorte canine de Juño, If ou Lou, gâtées en douce sous la table pendant le café de spéculos et langues de chat.
Elle est partie avec la cane du chanteur qui dit que c’est à cause d’avoir fait un rhume mauvais : les derniers jours, nous l’avons entendue se demander qui avait bien pu lui refiler toute cette fatigue qu’on ne lui connaissait pas beaucoup…
Ce ne sont pas ses problèmes de fer qui l’emperchaient d’avoir une santé de fer… l’héritage d’une costaude, on ne peut pas rêver  mieux de ses ascendants. 92 ans, ça en fait encore du chemin pour l’égaler… bon repos à toi après cette belle performance.

3. Passages recherchés par Serge et lus par lui : la mort dans la Bible
Jeanne a passé l’Archeron et ce moment est pour nombre de survivants une occasion d’interrogation sur la mort.
Nous devisions là-dessus avec Jean notre officiant pour dire que nul n’en n’était revenu pour raconter ce qu’il s’y passait dans ce royaume d’après la vie. Et pour convenir que beaucoup de gens pouvaient, en conséquence, ne pas avoir une idée bien étayée là-dessus n’ayant en fait que très peu d’éléments à disposition.
Néanmoins, constatons qu’il existe un écrit qui en parle de manière sans ambages, simple, et d’une précision qui ne laisse place à aucun doute comme si l’auteur connaissait bien ces choses et voulait les transmettre en tant que vérité naturelle à savoir, pour nous humains, qui en suite des morts, sommes confrontés à la vie.

Voici la phrase qui y sonne en tant que révélation pour beaucoup :
« L’esprit de l’homme sort, l’homme retourne au sol; ce jour-là, ses pensées périssent ». C’est une citation des psaumes 146:3, 4.
Mentalement dans Psaume 115:17 cette précision : « Les morts ne louent pas Ya, ni aucun de ceux qui descendent dans le silence de la mort »
Plus explicite: Ecclésiaste 9:5, 10) « Les vivants savent qu’ils mourront ; mais les morts, eux, ne savent rien, …………….…/ … car il n’y a ni œuvre, ni plan, ni connaissance, ni sagesse dans le shéol, le lieu où tu vas » (Le mot hébreu « shéol » et le mot grec « hadès » désignent la tombe commune aux hommes.
Il est donc lumineux, que quand nous mourons, nous cessons d’exister. Après la mort, nous sommes incapables de penser, de faire ou de ressentir quoi que ce soit. Nous retournons à la poussière du sol. Genèse 3:19
La Bible compare souvent la mort au sommeil (Psaume 13:3 ; Jean 11:11-14 ; Actes 7:60).
Si quelqu’un revenait à la vie, il ne pourrait pas raconter ce qu’il a vécu puisqu’il était dans le « sommeil » mortel et qu’il n’était donc pas conscient.
Ainsi, Lazard, mort depuis 4 jours ne pouvait rien raconter de son expérience de la mort. Ainsi des 8 morts répertoriés en tant que ressuscités tel que nous les expose la Bible.
Lazard était un ami de Jésus. Quand il est mort, Jésus a dit à ses disciples : « Lazard notre ami s’est endormi. » Mais il ne voulait pas dire que Lazard dormait. Juste après, il a dit : « Lazare est mort » (Jean 11:11-14).
Quand Étienne a été tué, il s’est « endormi dans la mort » (Actes 7:60).
Paul aussi a écrit que certains chrétiens « se sont endormis dans la mort » (1 Corinthiens 15:6).
Dans le jardin d’Éden, son père a dit à Adam : « De tout arbre du jardin tu peux manger [...]. Mais quant à l’arbre de la connaissance du bon et du mauvais, tu ne dois pas en manger, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2:9, 16, 17).
« Vous ne devez pas en manger, [...] afin que vous ne mouriez pas» (Genèse 3:1-3)
Ceci sous entend que l’homme possédait dans son plan génétique de vivre éternellement.
La mort marque au fer sans aucune exception toute l’histoire du premier homme qui a voulu faire cavalier seul en se désolidarisant du Créateur.
La Bible promet qu’un jour « la mort ne sera plus » (Révélation 21:4).
Et Révélation 20:13 nous annonce : « La mer a rendu les morts qui s’y trouvaient, et la mort et l’hadès (la tombe) ont rendu les morts qui s’y trouvaient. »
« Comme dernier ennemi, la mort sera réduite à rien » (1 Corinthiens 15:26).
Si la mort n’existe plus, ce sera bien le signe de la réconciliation de l’humanité et de la reconnaissance du Père en tant que Créateur. Les conditions de vie telles que prévues dans le dessein d’origine étant rétablies la vie pourra ainsi continuer comme par le passé du tout début de l’existence de l’homme.

Octobre 2018

 

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4 réponses à Ma mère Jeanne Archer-Rousset n’est plus

  1. Danielle Rodde dit :

    J’apprécie de pouvoir lire les textes lus lors des funérailles de Jeanne, ta maman. Bien que présente à l’église lors de celles-ci, le micro ( était-il en fonction?) ne permettait pas d’entendre lorsque qu’on était dans les bancs arrières.

  2. Gras Monique dit :

    Merci Viviane d’avoir exaucé la demande d’André en publiant les textes de la cérémonie d’adieu de Jeanne. Je regrette de n’avoir pas pu rester plus longtemps pour pouvoir échanger un peu avec toi, mais le moment était peu propice et tu étais très entourée.
    Lors d’une prochaine venue ce sera peut être possible.
    Encore merci et gros bisous à vous deux et aux enfants

  3. Christine CANONGE dit :

    Bonjour,
    Je suis arrivée par hasard sur votre blog, cependant pas tout à fait car le mot « handicap » que j’avais tapé dans Google y figure par rapport à votre accident (j’ai un handicap, poliomyélite contractée à l’âge de 11 mois)…J’ai donc mis votre blog dans mes favoris et je viens, de temps à autre, lire vos posts. Je viens de lire le texte concernant la disparition de votre Maman…et j’ai lu qu’elle avait vécu à la Grand’Combe ! Ville où est né mon Papa et où j’ai vécu dans les années 60…La maman de mon père était Pradelloise, née en 1910, orpheline en 1920 de sa maman, elle descendit à la Grand’Combe accompagné de son père veuf et de son frère, alors âgé de 10 ans. Elle a épousé bien plus tard un André CANONGE, qui était mon grand’père, le papa de mon Papa !! Lorsque je vais à Alès, où j’ai vécu la plus grand partie de mon enfance et de ma jeunesse, je passe presque à chaque fois à la Grand’Combe qui a tant changé…La rue de la Clède est défigurée, ils ont tout démoli !

    Depuis, deux ans et demi bientôt, je vis en Haute-Loire à St Pierre du Champ …en effet, je suis à la retraite ! J’ai vécu toute ma vie d’adulte dans la vallée du Rhône, j’aime la Haute-Loire !
    Bien à vous,

    Christine CANONGE

    • viviane dit :

      Bonjour Christine,

      Quel plaisir de lire ton commentaire ! Et quel hasard : mon père a passé une grande partie de sa vie à la Grand-Combe, travaillant dans les mines. Il a longtemps habité rue de la Clède où j’ai connu Nadine montagner qui y habitait aussi, une fille de mon âge. Je me souviens que nous jonglions à trois balles contre le mur du petit immeuble. Moi, je vivais chez ma grand-mère en Haute-Loire.
      J’ai une amie connue au lycée qui a eu aussi la polio vers sept ans et est handicapée d’une jambe. On se retrouve une fois par moi au restaurant.
      A Saint-Pierre Duchamp, je connais Claudine Rey, une ancienne neurologue à la retraite.
      J’habite à Espaly Saint Marcel et vais souvent à Alleyras. Je suis comme toi à la retraire; j’ai 66 ans.
      Mes meilleures pensées.

      Viviane Rousset-gouin

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